Aliments ultra-transformés et mortalité : quoi de neuf sous le SUN ?

  • Rico-Campà A & al.
  • BMJ
  • 29 mai 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Les données de l’étude SUN portent sur la consommation alimentaire d’une population suivie sur 10 ans. Cette étude espagnole vient compléter de récentes publications sur le sujet en montrant que la consommation de plus de 4 portions d’aliments ultra-transformés par jour augmenterait de manière indépendante le risque relatif de mortalité toutes causes confondues de 62%. Chaque portion supplémentaire par jour ferait croître le risque de mortalité de 18%.

Pourquoi cette étude est intéressante ?

Entre 1990 et 2010, la consommation de ces produits a fortement augmenté. Ces produits ont peu à peu remplacé bon nombre d’aliments beaucoup plus sains nutritionnellement. Les cohortes NutriNet-Santé en France et la National Health and Nutrition Examination Survey (NHANES) aux États-Unis ont déjà rapporté des liens entre la consommation d’aliments ultra-transformés et le risque de mortalité. Les données présentées ici confirment ces liens.

Méthodologie

SUN (Seguimiento Universidad de Navarra) est une étude prospective de cohorte dynamique, espagnole menée entre 1999 et 2018. Les participants sont suivis tous les 2 ans, par questionnaires transmis par voie postale ou par internet. 

Principaux résultats

Les données de 19.899 sujets ont été incluses dans les analyses (12.113 femmes et 7.786 hommes, âge moyen à l’inclusion 37,6 ans, durée médiane du suivi 10,4 ans), dont la consommation alimentaire a été suivie entre 1999 et 2014 selon la classification NOVA. 

  • Au total, 335 décès sont survenus au cours du suivi.
  • Les participants ayant la plus forte consommation de produits ultra-transformés (4equartile) avaient un IMC moyen plus élevé que ceux du 1erquartile, ils étaient également plus susceptibles d’être fumeurs, d’avoir un haut niveau d’éducation, des antécédents familiaux de maladie cardiovasculaire, de cancer, de diabète, d’hypertension, d’hypercholestérolémie, et de présenter eux-mêmes une maladie cardiovasculaire ou une dépression. Ces sujets étaient également plus susceptibles de grignoter devant la télévision, d’avoir un usage important des ordinateurs, d’être sédentaires, de faire la sieste et d’avoir des apports caloriques importants. L’adhésion à une alimentation méditerranéenne diminuait progressivement avec l’augmentation de la consommation d’aliments ultra-transformés.
  • La principale cause de décès était le cancer à un âge moyen de 58 ans. Les individus qui consommaient le plus d’aliments ultra-transformés avaient un risque de mortalité toutes causes confondues augmenté de 62% par rapport à ceux qui en consommaient le moins. 
  • Pour chaque portion supplémentaire d’aliments ultra-transformés par jour, la mortalité était augmentée de 18%. Ces résultats n’étaient pas modifiés après ajustement sur      de multiples variables