Alimentation et cancer du sein : de nouvelles données

  • Breast Cancer Res

  • Par Nathalie Barrès
  • Actualités médicales
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir 

À vrai dire, en dehors de l’alcool, aucun autre facteur alimentaire ne bénéficiait jusqu’à présent de preuves robustes d’association avec le risque de cancer du sein. Des chercheurs ont évalué l’association entre 92 aliments et nutriments et le risque de développer un cancer du sein dans la cohorte EPIC (European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition). Cette étude de belle envergure confirme l’augmentation du risque de cancer du sein avec la consommation d’alcool et suggère que la consommation de fibres et de fruits pourrait être bénéfique pour diminuer le risque de développer ce cancer. Ces données ont bien été confirmées à travers une seconde cohorte indépendante.

Protocole de l’étude

Au total, 272.098 femmes participant à l’étude EPIC ont été incluses. La consommation de 92 aliments et nutriments a été évaluée à l’inclusion grâce à des questionnaires alimentaires. Les analyses ont été répliquées sur une cohorte indépendante des Pays-Bas (Netherlands Cohort Study-NLCS) comprenant 62.573 femmes.

Principaux résultats

Sur l’ensemble de la cohorte EPIC, 10.979 cas de cancer du sein ont été nouvellement diagnostiqués au cours des 15 années de suivi, versus3.339 cas au cours des 20,3 années de suivi pour la cohorte NLCS. Les femmes de la cohorte NLCS étaient plus âgées que celles de la cohorte EPIC (61 ans versus 50 ans). Les caractéristiques des participantes de l’étude EPIC étaient semblables à l’inclusion entre celles qui ont développé un cancer du sein et les autres. 

Six aliments et nutriments ont pu être associés au risque de cancer du sein.

  • L’alcool/bière-cidre/vin : chaque augmentation d’une déviation standard de la consommation d’alcool, de bière-cidre ou de vin a été respectivement associée à une augmentation de 5%, 5% et 4% du risque de cancer du sein.
  • Fibres, pomme/poire, glucides : toute augmentation d’une déviation standard de la consommation de ces aliments/nutriments a été associée à la diminution similaire pour chacune de ces catégories, de 4% du risque de cancer du sein.
  • En dehors de la bière-cidre, les associations mises en évidence ci-dessus ont été confirmées dans la cohorte NLCS avec une amplitude similaire.

Hypothèse physiopathologique

Les auteurs évoquent que l’apport en fibres pourrait diminuer les taux d’œstrogènes circulants en réduisant la réabsorption intestinale et en favorisant l’excrétion fécale de ces molécules. Par ailleurs, il a été démontré que l’alcool augmentait les concentrations d’œstrogènes circulants, ce qui pourrait partiellement expliquer le mécanisme en jeu. D’autres hypothèses sont cependant évoquées : effet de l’alcool sur les folates, la production d’acétaldéhyde, le stress oxydatif, ou les modifications épigénétiques. 

Principales limitations

Ces données sont basées sur une seule évaluation des apports alimentaires.