Alcool, tabac, cannabis : le début de la baisse chez les jeunes Français ?


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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L’Observatoire français des drogues et des toxicomanies a publié un état des lieux sur la consommation de substances psychoactives chez les jeunes Français, non exhaustif, basé sur une revue de littérature et des enquêtes menées par lui ou par Santé publique France.

Le nombre d’adolescents de 17 ans déclarant n’avoir jamais consommé d’alcool, de tabac et de cannabis est passé de 5,1% en 2008 à 11,7% en 2017. Plusieurs enquêtes indiquent que les consommations d’alcool diminuent chez les adolescents et se stabilisent chez les jeunes adultes (18-24 ans) après une décennie de hausse. Chez les collégiens et lycéens, une diminution récente des expérimentations de tabac et de cannabis a été observée, tandis que la prévalence du tabagisme quotidien a diminué chez les jeunes adultes. En revanche l’expérimentation de drogues illicites autres que le cannabis chez les jeunes de 17 ans reste assez stable entre 2014 et 2017 (environ 6,8%). Ces évolutions sont constatées de manière assez similaire dans d’autres pays européens et anglo-saxons, à l’exception de certains pays d’Europe de l’est (par exemple, augmentation de la consommation d’alcool en Croatie, prévalence élevée du tabagisme en Russie et Hongrie).

L’image du tabac est en train de se dégrader chez les jeunes, mais celle du cannabis reste encore bonne. En 2017 en France, les consommateurs d’alcool âgés de 18 à 25 ans ont déclaré que le goût était leur principale motivation (92,2%) pour boire, suivie par le sentiment que les fêtes seront mieux réussies (74,5%) et par le plaisir pris à la sensation procurée par l’alcool (68,9%). Les jeunes consommant régulièrement de l’alcool boivent en moyenne 4 à 5 verres par occasion et durant 90 à 110 jours par an.

En sus des stratégies individuelles de modération de consommation, des comportements collectifs de protection ont été observés, en particulier ceux fondés sur l’amitié.

Les baisses de consommation observées ont plusieurs facteurs explicatifs, la part de chacun d’eux étant difficile à mesurer : les mesures de prévention (celles limitant l’accessibilité et l’attractivité des produits, campagnes d’information et de marketing social, renforcement des compétences psychosociales), l’accessibilité économique, l’évolution des normes et des représentations, le rôle des parents et les changements culturels en cours. C’est pourquoi les auteurs de ce travail souhaitent que les politiques publiques combinent l’ensemble des stratégies possibles.