Alcool et santé des diabétiques : impact d’une consommation modérée

  • Golan R & al.
  • Eur J Clin Nutr
  • 28 nov. 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Une consommation modérée d’alcool serait globalement positive en termes de santé cardiovasculaire pour la population générale ou pour les sujets diabétiques. À partir des résultats de l’étude CASCADE* qui a comparé l’influence de la consommation d’un verre de vin rouge, de vin blanc ou seulement d’eau durant 2 ans parmi une population diabétique (n=224), une publication parue dans l’EJCN rappelle quelques éléments désormais disponibles pour mieux appréhender l’influence de la consommation d’alcool sur la morbimortalité cardiovasculaire.

Alcool et genre

  • Le métabolisme de l’éthanol diffère selon le sexe, avec une activité de l’alcool déshydrogénase inférieure chez la femme, expliquant les taux d’alcoolémie supérieurs atteints par celles-ci par rapport aux hommes pour une même quantité consommée. Les différences en termes de biodisponibilité et de cinétique pourraient se traduire en termes cliniques.

  • Dans l’étude CASCADE*, les taux de HDL-c et d’ApoA avaient augmenté par rapport à l’inclusion dans le groupe des femmes ayant consommé quotidiennement un verre de vin rouge durant 2 ans (+5,2 mg/dL et +0,12 g/L respectivement), alors que les femmes des groupes vin blanc et eau (1 verre/jour) ne présentaient aucune modification significative de ces chiffres. En comparaison, les hommes présentaient une augmentation plus modérée de ces chiffres dans les trois groupes, sans différence statistiques entre eux.

Alcool et cœur

  • La consommation modérée d’alcool pourrait ralentir la progression de l’athérosclérose, selon certaines données. Dans l’étude CASCADE*, aucune différence n’a été observée concernant l’évolution des plaques athéromateuses, même si une tendance semblait se dessiner dans le bras vin rouge pour ceux présentant initialement les plaques les plus volumineuses.

  • Par ailleurs, si une faible variabilité de la fréquence cardiaque pourrait influencer la progression de l’athérosclérose, le vin rouge ne semble pas modifier cette variabilité, à court comme à long terme.

Alcool et pression artérielle

  • Même si l’alcool favorise la diminution de la résistance périphérique et une vasodilatation, les données de la littérature sont contradictoires sur le fait qu’une consommation modérée d’alcool puisse ou non diminuer les chiffres de pression artérielle (PA). Certaines ne trouvent même aucune association. Par ailleurs, la méta-analyse dédiée à l’apport des polyphénols du raisin sur la pression artérielle n’a pas permis de conclure sur un bénéfice clinique significatif.

  • L’étude CASCADE* n’a pas permis d’identifier de modifications significatives des valeurs de PA.

Alcool et adiposité abdominale

Certaines études suggèrent que l’adiposité abdominale pourrait être positivement influencée par une consommation modérée de vin. Dans l’étude CASCADE*, l’IRM ne met pas en évidence de modification de l’adiposité abdominale après 2 ans d’une consommation modérée de vin rouge.

*Méthodologie de l’étude CASCADE

L’étude CASCADE (CArdiovaSCulAr Diabetes & Ethanol) avait randomisé 224 patients atteints de DT2 et buvant habituellement moins d’un verre d’alcool par semaine. Ils ont été randomisés entre l’un des trois bras : 150 ml de vin rouge sec, 150 ml de vin blanc sec ou 150 ml d’eau minérale à chaque dîner, associé aux recommandations nutritionnelles habituelles. Les boissons étaient fournies par les investigateurs. À 2 ans, une évaluation a été menée afin d’évaluer la sécurité de cette consommation en mesurant l’épaisseur de l’intima-media carotidienne, le volume de la paroi carotidienne, en assurant le suivi de biomarqueurs sanguins et en conduisant des mesures anthropométriques. Un sous-groupe (n=73) a bénéficié d’un ECG ambulatoire sur 24 heures et d’une IRM.