AIT ou AVC mineur : intensifier la prévention pendant au moins 5 ans


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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Environ un AVC (accident vasculaire cérébral) sur cinq est précédé d’un AIT (accident ischémique transitoire). Mais le risque de survenue d’un AVC après un AIT n’est pas connu. L’équipe du Pr Amarenco (hôpital Bichat Claude-Bernard, APHP) a lancé une étude pour le préciser. Après la publication des résultats d’une première étude de suivi d’un an de patients ayant bénéficié d’une hospitalisation après leur AIT, ce sont maintenant les résultats du suivi à 5 ans qui sont rendus publics (dans le New England Journal of Medicine).

Au total, 3.847 patients victimes d’un AIT ou d’un accident cérébral mineur ont été inclus. Ils avaient été hospitalisés dans 42 centres entre 2009 et 2011 (en Europe, Asie et Amérique latine). Au total, 469 d’entre eux ont eu un infarctus cérébral, un infarctus du myocarde ou sont décédés d’un accident cardio-vasculaire, soit un risque total de 12,9% à 5 ans ; le risque de récidive d’AVC s’élevait à 9,5%.

La moitié de ces événements sont survenus entre la deuxième et la cinquième année de suivi. Le risque était constant au fil du temps. Il est de 6,4% la première année ainsi qu’entre la deuxième et la cinquième année de suivi. Il est important de noter que tous les patients ont été traités de façon optimale, selon les recommandations de prise en charge suivant un AVC.

Entre la deuxième et la cinquième année, les facteurs prédictifs de risque étaient en cas d’AVC une cause athéroscléreuse de l’AVC, en cas d’un événement cardiaque une cause embolique d’origine cardiaque (le plus souvent une arythmie) ou dans tous les cas un score composite de risque d’AVC élevé (comportant une HTA, un diabète, un âge supérieur à 60 ans, une durée de l’épisode initial supérieure à 10 minutes, ou la présence  d’une paralysie ou d’un trouble du langage parmi les symptômes de l’AIT).

Les auteurs en concluent que les mesures de prévention ne doivent pas être cantonnées à la première année, mais doivent se poursuivre au moins pendant cinq ans. Ils préconisent le recours à des stratégies plus efficaces : introduction de nouveaux médicaments dans le suivi (hypocholestérolémiants, par exemple) ou mesures d’hygiène simple, notamment un exercice physique quotidien et la perte de poids.