AINS : attention au risque de complications infectieuses graves !


  • Fanny Le Brun
  • Actualités des médicaments
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Des complications infectieuses graves ont été signalées lors de l’utilisation d’Anti-Inflammatoires Non Stéroïdiens (AINS) pour traiter la fièvre ou la douleur. Face à cette situation, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a lancé une enquête nationale de pharmacovigilance ayant pour objectif de déterminer si ces complications infectieuses graves étaient favorisées par la prise de l’AINS ou si elles traduisaient l’évolution de la pathologie infectieuse initiale. Cette enquête s’est concentrée sur les deux AINS les plus utilisés dans les indications fièvre et douleurs légères à modérées, à savoir l’ibuprofène et le kétoprofène.

Cette enquête a retenu 337 cas de complications infectieuses avec l’ibuprofène et 49 cas avec le kétoprofène, après avoir pris en compte uniquement les cas les plus graves chez des enfants ou des adultes sans facteur de risque ni comorbidité. Ces complications infectieuses (essentiellement à Streptocoque ou à Pneumocoque) ont été à l’origine d’hospitalisations, de séquelles, voire de décès. Elles ont été observées après de très courtes durées de traitement (2 à 3 jours), y compris lorsque la prise d’AINS était associée à une antibiothérapie. Elles sont survenues alors que l’ibuprofène ou le kétoprofène étaient prescrits ou pris en automédication dans la fièvre, mais également dans de nombreuses autres circonstances telles que des atteintes cutanées bénignes d’aspect inflammatoire (réaction locale, piqûre d’insecte,…), des manifestations respiratoires (toux, infection pulmonaire,…) ou ORL (dysphagie, angine, otite,…).

L’analyse de ces cas et des données de la littérature suggère que ces infections pourraient être aggravées par la prise d’AINS. L’ANSM souhaite donc, dès à présent, alerter sur ce risque et rappeler aux patients et aux professionnels de santé de privilégier l’utilisation du paracétamol en cas de douleur et/ou de fièvre, notamment dans un contexte d’infection courante comme une angine, une rhinopharyngite, une otite, une toux, une infection pulmonaire, une lésion cutanée ou la varicelle, en particulier en automédication.

Les règles du bon usage des AINS en cas de douleur et/ou fièvre sont les suivantes :

  • Prescrire et utiliser les AINS à la dose minimale efficace, pendant la durée la plus courte,
  • Arrêter le traitement dès la disparition des symptômes,
  • Eviter les AINS en cas de varicelle,
  • Ne pas prolonger le traitement au-delà de 3 jours en cas de fièvre,
  • Ne pas prolonger le traitement au-delà de 5 jours en cas de douleur,
  • Ne pas prendre deux médicaments AINS  en même temps.

Il est important de souligner que les AINS doivent être évités en cas de varicelle car il est bien connu qu’ils peuvent être à l’origine de complications cutanées bactériennes graves (fasciite nécrosante) lorsqu’ils sont utilisés au cours de cette infection. Or, cette enquête met en évidence qu’il persiste une utilisation des AINS en cas de varicelle…