Aidants des seniors vivant à domicile : un engagement conséquent


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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Pour l’année 2015, la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) estimait que le nombre de personnes âgées de 60 ans ou plus, en perte d’autonomie et vivant à domicile s’élevait à 1.459.000, le nombre de celles vivant en institution étant de 584.000. Le nombre de proches aidants les seniors à domicile s’élèverait, lui, à 3,9 millions, un senior pouvant bénéficier de l’aide de plusieurs proches. Les chercheurs de l’enquête CARE-Ménages (Capacités, Aides et REssources des seniors) ont interrogé 6.200 d’entre eux en 2015-2016, un aidant étant déclaré tel par le senior effectivement aidé. Les données ont été appariées avec celles de différentes enquêtes administratives.

Les aidants proches de seniors vivant à domicile se répartissaient entre conjoints (27,3%), enfants non cohabitants (45,1%), enfants cohabitants (8,3%), autre aidant familial (12,0%) et aidant hors famille (7,3%). La moitié (50%) étaient retraités, 37% occupaient un emploi, 5% étaient au chômage et 7,5% étaient inactifs mais non retraités (par exemple, pour invalidité).

Six aidants sur dix étaient des femmes (59,5%), mais leur proportion était d’autant plus forte que leur lien de parenté avec le senior était faible : les femmes représentaient 50,8% des conjoints aidants mais 75% des aidants hors famille.

L’aide est plus volontiers apportée par des aidants géographiquement proches des seniors. Ainsi les trois quarts des enfants aidants non cohabitants vivaient à moins de 30 km et à moins de 40 minutes du domicile du senior. Les trois quarts des aidants non familiaux vivaient à moins de 3 km et moins de 20 minutes du domicile du senior, la moitié vivant même à moins de 5 minutes de ce domicile.

Un million et demi des aidants cohabitaient avec le senior, les conjoints représentant 71% d’entre eux. Les enfants cohabitants avaient une situation personnelle plus fragile que celle des enfants non cohabitants : 60% avaient toujours habité avec le senior aidé, 26% étaient en couple ( versus 71% des enfants non cohabitants), 62% n’avaient pas d’enfant ( vs 18%), 12% étaient au chômage ( vs 7%) et 9% inactifs pour invalidité ( vs 3%).

Parmi les aidants, 87% intervenaient au moins pour une aide à la vie quotidienne, le plus souvent pour les courses (62%), les démarches médicales (53%), les tâches administratives (43%) et le bricolage (40%). Cette aide était genrée : les femmes aidaient plus souvent que les hommes pour le ménage (6,9% en plus), la gestion administrative (+5,7%) et pour se laver et s’habiller (+4,5%).

Près d’un aidant sur deux (47%) a déclaré au moins une conséquence négative de l’aide apportée au senior sur sa propre santé (sans que l’enquête apporte beaucoup de précision sur elle) . Ce type de conséquence était plus fréquent chez les conjoints (64%) que chez les enfants cohabitants (45%) et non cohabitants (44%), ainsi que chez les autres aidants familiaux (37,1%) et les aidants non familiaux (17%).