AHA 2018 — Cardiomyopathie dilatée : l’arrêt du traitement chez les patients rétablis entraîne une récidive


  • Hao Cheng, MD
  • Actualités des congrès
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir

  • Le traitement des patients atteints d’une cardiomyopathie dilatée en phase de rétablissement ne doit pas être arrêté, au risque d’entraîner une récidive des symptômes.

Pourquoi est-ce important ?

  • Pour les patients présentant le rétablissement le plus abouti d’une cardiomyopathie dilatée, on ignore s’il s’agit d’une rémission nécessitant un traitement médicamenteux à vie ou d’une guérison définitive.
  • Cette étude a pour objectif de fournir des données cliniques pour alimenter cette discussion.

Protocole de l’étude

  • Essai pilote en ouvert dans lequel des patients ont été affectés de manière aléatoire pour recevoir un traitement continu ou arrêter le traitement. Au bout de six mois, les patients ayant arrêté le traitement sont passés au traitement continu.
  • Les patients avaient reçu un diagnostic antérieur de cardiomyopathie dilatée et avaient par la suite présenté un rétablissement.
  • Le critère d’évaluation principal était un « événement », défini comme suit :
    • Diminution de la fraction d’éjection ventriculaire gauche de plus de 10 % à moins de 50 %.
    • Augmentation du volume télédiastolique ventriculaire gauche de plus de 10 % à au-dessus de l’intervalle normal.
    • Multiplication par deux du taux de peptide natriurétique de type B N-terminal pro et à > 400 ng/l.
    • Signes cliniques avérés d’insuffisance cardiaque.
  • Un événement entraînait la réintroduction immédiate du traitement.

Principaux résultats

  • 51 patients ont été randomisés et analysés dans une analyse en intention de traiter.
  • 11 patients sur 25 du groupe ayant arrêté le traitement ont présenté un événement défini comme critère d’évaluation, contre 0 patient du groupe témoin (P = 0,0001).
  • Après le passage dans l’autre groupe à 6 mois, 9 patients, venant s’ajouter aux 25 patients originaux ayant arrêté le traitement, ont présenté un événement défini comme critère d’évaluation.

Limites

  • Étude pilote

Commentaires des experts

  • « D’un point de vue clinique, cela implique que nous devons rester prudents. La question du rétablissement par opposition à la guérison a peut-être trouvé sa réponse dans cette étude pilote : actuellement, en 2018, le rétablissement n’est pas caractérisé et ces patients sont en réalité en rémission cardiaque. Il est donc indiqué de poursuivre indéfiniment et sans interruption le traitement médical basé sur les données probantes. Je ne pense pas que cela ait un impact négatif sur le rétablissement myocardique. Je pense, par contre, que cela pourrait stimuler le domaine…de recherche de cette caractéristique du rétablissement cardiaque. » — Dr Jane Wilcox, Université Northwestern (Northwestern University)