Âge et dépendance : que font les autres pays ?


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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Le Haut Conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge, rattaché au Premier Ministre, vient de publier un document comparant les politiques de soutien à l’autonomie des personnes âgées dans 9 pays : Allemagne, Danemark, Espagne, Italie, Suède, Québec, Belgique, Pays-Bas et Japon. Tous sont confrontés aux enjeux du vieillissement et de la perte d’autonomie. Cependant, ils diffèrent sur de nombreux points : proportion de personnes âgées de plus de 65 ans, espérance de vie sans incapacité, nombre de bénéficiaires de soins de longue durée (qui englobent les services sanitaires et sociaux fournis aux personnes qui ont besoin de soins en continu), part du PIB (Produit intérieur brut) consacré aux dépenses de soins de longue durée et cadre législatif, et notamment précocité ou non de sa mise en place.

Malgré cette diversité, ces pays se retrouvent sur des orientations communes :

- La priorité donnée au soutien à domicile,

- Le développement et la diversification de l’offre de services (services de soins et du « care »),

- Le renforcement de l’échelon local dans la mise en œuvre des aides et dans l’appui à l’innovation,

- Une monétisation plus importante des aides pour favoriser le libre choix des personnes,

- La recherche d’une meilleure qualité de soins,

- L’importance accordée à la coordination et à l’intégration entre professionnels et entre sanitaire et social,

- L’utilisation des nouvelles technologies, comme outil d’intégration, de coordination des services ou encore de suivi et d’aide aux personnes et aux professionnels.

Ces orientations sont mises en œuvre de manières variées selon deux approches types, mais cependant non exclusives l’une de l’autre :

- une approche par le droit à vivre autonome, dans laquelle ce sont les besoins de la personne qui priment, satisfaits par des services de prévention et de soutien et la professionnalisation du « care » ; ce sont donc les services en nature qui sont privilégiés.

- une approche de compensation du risque, avec une compensation plutôt financière, laissant à la personne la liberté de s’organiser individuellement et de trouver le service adapté ; elle est essentiellement mise en œuvre en Italie et en Belgique.

Dans cette approche, l’évaluation du niveau de perte d’autonomie est cruciale, mais elle existe de fait dans tous les pays. Elle est faite par une équipe municipale (sans avis médical obligatoire), par une équipe pluridisciplinaire d’un centre médico-social, par les services de l’assurance maladie ou encore par un comité d’évaluation avec un triple avis, social, familial, médical.

Les principaux problèmes auxquels tous les pays doivent faire face portent sur :

- le coût de la prise en charge et le niveau du reste à charge, élevé dans tous les pays pour l’hébergement en institution,

- la diversification des lieux d’habitation (maisons de retraite, habitats partagés, centres socio-sanitaires et psycho-gériatriques, « maisons de repos », etc),

- la qualité des services et de l’encadrement dans les EHPAD,

- les difficultés de recrutement dans le secteur du « care », que ce soit à domicile ou en établissement,

- le soutien aux aidants (attribution de congés rémunérés ou non, soutien psychologique, répit, compensation de la perte salariale, etc).

Quatre pays ont mis en place des assurances de soins de longue durée, selon des modalités variées (cotisations sur les rémunérations et/ou cotisation mensuelle ou annuelle) : l’Allemagne, le Japon, les Pays-Bas, la Flandre.