Âge chronologique vs âge épigénétique : lequel est le plus impactant sur la fonction respiratoire ?


  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Messages principaux

  • Selon l’analyse menée à partir de deux cohortes importantes, un vieillissement épigénétique accéléré est un facteur de risque de développer une BPCO et, dans une moindre mesure, d’avoir un déclin des fonctions respiratoires. Ce facteur de risque est plus significatif que l’âge chronologique et persiste après ajustement des données sur ce dernier.

  • Le vieillissement épigénétique pourrait être le reflet de certains paramètres environnementaux comme la pollution atmosphérique.

 

Si la fonction pulmonaire est associée à l’âge chronologique, peu d’études se sont penchées sur les liens entre les marqueurs de cet âge chronologique – à savoir la longueur des télomères – et le risque de pathologies respiratoires. Les données qui existent concernant le risque d’emphysème et de fibrose. Par ailleurs, celles relatives à l’âge épigénétique – évalué par analyse de la méthylation de l’ADN des cellules du sang - sont encore moins nombreuses. Pourtant, celui-ci a été décrit comme associé étroitement à différents paramètres comme le risque de décès, de cancer, d’hémostase ou de fragilité. Des chercheurs allemands ont donc souhaité évaluer si cet âge épigénétique, mesuré à partir de la méthylation de l’ADN, était associé à un risque de déclin de la fonction respiratoire.

Méthodologie 

Ils ont pour cela utilisé les données de l’étude KORA S4 (âge moyen 47,4 ans, 52,7% de femmes) et son suivi sur 7 ans KORA F4, qui avait initialement rassemblé des participants en bonne santé de 25-74 ans dans une région allemande. Durant ce suivi, ils avaient bénéficié d’un suivi médical, notamment respiratoire, avec mesure des paramètres de l’EFR, de questionnaires standardisés et de collectes d’échantillons biologiques afin de mener notamment des analyses génomiques. Les associations identifiées sur cette première cohorte ont été vérifiées dans une seconde cohorte, américaine cette fois, la NAS, dans laquelle les participants avaient également bénéficié d’un suivi médical et de prélèvements réguliers.

Principaux résultats 

Dans la première cohorte, si une différence de 5 ans entre l’âge chronologique et l’âge épigénétique était observée à l’inclusion, il existait un sur-risque de développer une BPCO incidente. Par ailleurs, une évolution de l’âge épigénétique plus rapide entre l’inclusion et le suivi était plus fortement associée à la BPCO que la valeur de l’âge épigénétique prise seule. Ces associations ont été vérifiées dans la cohorte de validation qui était plus âgée et ne rassemblait que des hommes.

Dans cette étude, l’association reliant l’âge épigénétique et la fonction pulmonaire était plus faible que celle relative à la BPCO. Aussi, les auteurs suggèrent de continuer à explorer cette association afin de s’assurer de sa validité.