AFSOS 2018 – Mise en place et communication autour d’un programme d’ETP en oncologie : l'expérience du CH de Saintes


  • Elodie du Potet
  • Actualités des congrès en Oncologie
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À retenir

  • Une bonne communication est nécessaire au succès de la mise en place des programmes d’éducation thérapeutique du patient (ETP) mais reste un challenge.
  • Les freins au développement de l’ETP sont nombreux, en particulier sur le plan administratif (agences régionales de santé : ARS) et sur le plan la communication avec les oncologues et les médecins de ville

Ce qui est important

  • Un double constat vient renforcer l’urgence de la mise en place adéquate de programmes d'ETP :
    • La chronicisation de la maladie cancéreuse
    • L’émergence des traitements par voie orale (25 % en 2015, 50 % prédits pour 2020) qui sont source de confort mais aussi d'interrogations chez les patients (prise du traitement, observance, effets secondaires...).
  • Le CH Saintonge de Saintes a lancé en 2014 un programme d’ETP et exploré la question de la communication autour de ce programme. Malgré le référentiel mis en place par l’AFSOS, aucun guide n’existe à ce sujet.
  • Ce programme dédié aux patients sous anticancéreux oraux s’appuie sur trois fondements de communication : l’élaboration d’éléments visuels percutants (logo, charte graphique propre), la diffusion de plaquettes à destination des patients et l’organisation d’événements de communication (soirées régionales  "Parcours de soins et éducation du patient").
  • Un soin particulier a été pris dans la dénomination (et le contenu) des six ateliers proposés tant pour ménager la compréhension du patient que pour aiguiser son intérêt (exemples : Bien dans ma peau avec ma chimio, Ma maladie et moi, Plaisir de manger, Même pas mal).
  • Malgré toutes les initiatives prises, la communication et le développement du programme restent insuffisants. Parmi les freins identifiés, citons la lourdeur administrative des demandes aux ARS, la difficulté pour les oncologues à apprécier l’apport de l’ETP au regard des informations déjà délivrées dans leur service, l’aspect chronophage de l’ETP pour les IDE. L'adhésion des patients au programme d'ETP est dépendante de leur profil/personnalité, bien qu'ils soient tous en demande de plus d’informations et confiants dans leur équipe soignante. Par ailleurs, la relation ville-hôpital reste complexe.

Commentaire d’expert

Le Pr Philippe Colombat, chef du pôle cancérologie-urologie du CHU de Tours, souligne que « la mise en place des programmes d’ETP est une vraie préoccupation » et précise qu’il revient aux oncologues de « donner l’impulsion pour intégrer l’ETP dans la pratique ». Par ailleurs, prévention et ETP devraient selon lui faire partie intégrante de la formation des professionnels de santé.