Adopter une vie saine : pour quoi faire ?

  • Li Y & al.
  • BMJ
  • 8 janv. 2020

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Tabac, alcool, poids, alimentation et sédentarité sont des facteurs de risque modifiables de maladies chroniques. Bien que les incitations à adopter une vie saine fleurissent… le passage à l’acte n’est pas toujours aisé. S’appuyer sur quelques données concrètes peut aider à l’adoption des comportements favorisant une vie saine. Une étude prospective de très large envergure vient de montrer un gain moyen très net sur l’espérance de vie sans cancer, sans maladie cardiovasculaire (CV) ou diabète de type 2 (DT2) chez les hommes (+7,6 ans) comme chez les femmes (+10,7 ans) lorsqu’au moins 4 facteurs de risque parmi ceux cités plus haut sont modifiés favorablement.

Protocole de l’étude

Cette étude prospective a été menée sur deux cohortes américaines Nurses’ Health Study(1980-2014, n=73.196 femmes) et Health Professionals Follow-Up Study(1986-2014, n=38.366). Une vie saine était définie par l’absence de tabagisme, un IMC compris entre 18,5 et 24,9 kg/m2, une activité physique modérée à intense (≥30 minutes/jour), une consommation modérée d’alcool (5-15 g/j chez la femme et 5-20 g/j chez l’homme) et un score de qualité nutritionnelle élevé (>40%). L’ensemble des critères d’évaluation ont été mesurés par auto-questionnaires réguliers (annuels, tous les deux ans ou tous les quatre ans). 

Principaux résultats

Par rapport aux individus qui n’avaient adopté aucune habitude de vie saine, ceux qui avaient adopté au moins 4 critères d’une vie saine avaient une espérance de vie moyenne sans pathologie chronique (cancer, maladie CV, DT2) à 50 ans augmentée de 10,7 ans pour les femmes et 7,6 ans pour les hommes. En examinant les résultats aux regards des différentes pathologies, l’espérance de vie sans cancer, sans maladie cardiovasculaire et sans DT2 était respectivement augmentée de 8,3 ans, 10,0 ans et 12,3 ans chez les femmes qui avaient adopté au moins 4 critères d’une vie saine par rapport à celles qui avaient les comportements les plus néfastes. Chez les hommes les résultats étaient de moindre envergure, mais suivaient les mêmes tendances (respectivement 6,0 ans, 8,6 ans et 10,3 ans).

D’autres résultats ont suggéré qu’adopter des comportements de vie sains restait bénéfique même après le diagnostic d’un cancer. En effet, les patients qui avaient adopté au moins 4 critères de vie saine après un diagnostic de cancer avaient presque 12 années supplémentaires de vie par rapport à ceux qui n’avaient toujours pas adopté un seul de ces comportements bénéfiques.

Est-ce que parmi ces cinq comportements de vie certains auraient un plus large impact que d’autres ? Oui, selon les résultats présentés, chez l’homme, une consommation importante de cigarettes (≥15 cigarettes/j) et l’obésité (IMC≥30 kg/m2) ainsi que l’obésité chez la femme, contribueraient pour les trois quarts à la réduction de l’espérance de vie à 50 ans.

Principale limitation

Le recueil des données par auto-questionnaires constitue l’une des principales limites de