Administration sous-cutanée : une autre voie possible pour la ceftazidime et la tobramycine

  • Duron D et al.
  • Fundam Clin Pharmacol.
  • 30 avr. 2019

  • Par Agnès Lara
  • Actualités Médicales
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À retenir

  • Un patient atteint d’une myopathie de Duchenne et souffrant d’une pneumonie liée à des souches multirésistantes a pu récupérer grâce à une antibiothérapie à base de ceftazidime et de tobramycine administrée par voie sous-cutanée.
  • Cette voie d’administration paraît bien tolérée et peut être considérée dans le cas où les autres voies parentérales ne sont pas possibles.

 

En France, seuls 3 antibiotiques (la ceftriaxone, l’amikacine et le thiamphénicol) disposent d’une AMM pour une administration par voie sous-cutanée et aucune donnée d’efficacité ni de sécurité n’étaient jusqu’ici disponibles pour la ceftazidime et le tobramycine concernant ce mode d’administration. Une équipe grenobloise vient de publier le cas d’un patient hospitalisé pour une pneumonie aiguë liée à une souche résistante aux antibiotiques.

Un patient atteint d’une dystrophie musculaire de Duchenne et d’une pneumonie

Il s’agissait d’un homme de 39 ans souffrant déjà d’insuffisance respiratoire chronique terminale liée à une dystrophie musculaire de Duchenne. À l’admission, il présentait une fièvre modérée, des signes d’hypoxie, et les marqueurs biologiques indiquaient un syndrome inflammatoire (la fonction rénale était normale). Ces résultats, ajoutés à ceux de la radiographie pulmonaire, ont conduit à la mise en place d’une antibiothérapie empirique à base d’amoxicilline et d’acide clavulanique (1000/250 mg, 3x/j). Mais les analyses microbiologiques réalisées sur les prélèvements broncho-alvéolaires ont mis en évidence la présence de souches de Pseudomonas aeruginosa résistantes à la ciprofloxacine, de Staphylococcus aureus sensibles à la méticilline et d’Achromobacter xylosoxidans multirésistantes, confirmant un diagnostic de pneumonie.

Des concentrations identiques à celles utilisées en intra-veineuse

En fonction du profil de sensibilité, une double antibiothérapie à base de ceftazidime et de tobramycine a alors été envisagée. Mais face aux difficultés d’accès veineux et à la myopathie de ce patient, une administration par voie sous-cutanée a été décidée. Les doses de ceftazidime étaient les mêmes que celles habituellement utilisées par voie intraveineuse (6 g/j ; 2 g dilués dans 50 mL de solution saline à 0,9%). L’administration a été réalisée par pompe en sous-cutané durant 30 minutes 3 fois par jour durant 15 jours. Même principe pour la tobramycine administrée durant 20 minutes, une fois par jour durant 5 jours (3 mg/kg ; 180 mg dilués dans 50 mL de solution saline). Les injections étaient réalisées au niveau de l’abdomen ou de la cuisse. Sur le plan de la tolérance, aucun effet indésirable ni complications ou douleurs au site d’injection ne sont apparus. L’efficacité de l’antibiothérapie a pu être constatée au bout de 10 jours, avec une disparition de la fièvre et de la nécessité d’aspiration des sécrétions bronchiques, ainsi qu’une normalisation du profil biologique.