Adhésion au traitement anticoagulant : les AOD ne font pas mieux que les AVK


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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La fibrillation auriculaire touche plus d’un million de patients en France. Elle est associée à un excès de mortalité et reste une des causes principales d’accident vasculaire cérébral ischémique (AVC), d’insuffisance cardiaque et de morbidité cardiovasculaire. La Société européenne de cardiologie recommande l’utilisation en première intention des nouveaux anticoagulants oraux (AOD : dabigatran, rivaroxaban, apixaban) dans la prévention des AVC chez les patients atteints de fibrillation auriculaire non valvulaire. En effet, ils réduisent le risque d’hémorragie intracrânienne en comparaison des antivitamines K (AVK). De plus, leur utilisation étant plus facile (suppression du suivi biologique régulier, schéma posologique fixe), il en est attendu une amélioration de l’adhésion au traitement, souvent décrite comme insuffisante avec celui aux AVK.

Une étude récente de la Caisse nationale d’Assurance maladie suggère fortement qu’il n’en est malheureusement rien. Son département des études de santé publique a mesuré les taux d’arrêt de traitement des anticoagulants oraux de près de 35.000 patients ayant une fibrillation auriculaire non valvulaire, en se basant sur les données médico-administratives du SNIIRAM et du PMSI pour 2017.

Qu’il s’agisse de patients débutant un traitement par AOD ou par AVK, un sur cinq l’arrête pendant au moins 60 jours la première année. S’il s’agit de patients qui changent de type de traitement anticoagulant, la proportion monte alors à un sur trois. Enfin, moins d’un sur cinq reprend son traitement dans les quatre mois qui suivent l’arrêt.

Devant ce constat alarmant, la CNAM et la Société française de cardiologie rappellent trois points essentiels aux prescripteurs :

1.     La fibrillation auriculaire est une maladie grave, dont la mortalité associée à sa principale complication, l’AVC, peut être réduite en grande partie par la prise d’anticoagulants oraux.

2.     L’adhésion à ces traitements doit être discutée avec ces patients et régulièrement contrôlée, en particulier chez ceux traités par AOD, pour qui un suivi biologique n’est pas nécessaire.

3.     Une discussion doit être engagée avec les patients ayant décidé de leur propre chef d’arrêter leur traitement, recherchant les causes éventuelles de l’arrêt (dont les effets indésirables, hémorragiques ou pas) et les moyens à mettre en œuvre pour y remédier.