Adhésion au régime méditerranéen et incidence des MICI

  • Khalili H & al.
  • Gut
  • 3 janv. 2020

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Principaux messages

  • L’adhésion d’une population adulte de plus de 40 ans au régime méditerranéen est associée à un moindre risque de maladie de Crohn (MC). En revanche, ces habitudes hygiéno-diététiques n’auraient pas d’influence significative sur le risque de rectocolite hémorragique (RCH).
  • Les auteurs estiment à 12% la part de la population MC dont la maladie pourrait être attribuable à une mauvaise adhésion au régime méditerranéen.

Le lien entre les habitudes alimentaires et les maladies inflammatoires de l’intestin, qui reposerait notamment sur plusieurs éléments dont le microbiote, l’inflammation ou encore l’immunité, a fait l’objet de nombreuses études, qu’il s’agisse d’en comprendre la pathogénie, d’en prévenir la survenue ou de la prendre en charge. Pour autant, la façon dont l’adhésion au régime alimentaire de type méditerranéen peut influencer la survenue de la maladie est mal connue.

Aussi, des chercheurs suédois ont compilé les données relatives à 2 cohortes nationales SMC ( Swedish Mammography Cohort ) et CoSM ( Cohort of Swedish Men ) – la première constituée de 66.651 femmes de 40-74 ans, la seconde constituée de 45.906 hommes de 45-79 ans - dans lesquelles les participants ont notamment répondu à des questionnaires alimentaires semi-quantitatifs, dont la valeur est comprise entre 0 et 8 selon l’adhésion croissante à la consommation d’aliments spécifiques (fruits, légumes, fibres, produits laitiers fermentés, poisson, huile d’olive, faible consommation d’alcool). Après un suivi médian de 17 ans, ils ont pu établir les liens existant entre des habitudes alimentaires inadaptées et le risque de MICI.

Calcul du score d’adhésion au régime méditerranéen et suivi au long cours

Au cours du suivi, 164 cas incidents de MC et 395 cas incidents de RCH ont été notifiés parmi les 83.147 personnes dont le suivi était analysable, soit 12 cas et 28 cas pour 100.000 années-patients, respectivement.

L’analyse menée après ajustement sur l'âge montre qu’un score élevé d’adhésion au régime méditerranéen (score mMED modifié compris entre 0 et 8, croissant avec l’adhésion au régime) est associé à un risque plus faible de MC. Ainsi, ceux qui avaient la plus forte adhésion (score mMED de 3–4, 5 et 6–8, respectivement) avaient un risque réduit de MC par rapport à ceux dont le score était le plus faible (0-2) : hazard ratio de 0,70 [0,49-0,99], 0,78 [0,50 -1,23] et 0,42 [0,22-0,78] respectivement. Le niveau d’études, l'IMC, l'apport calorique total, le tabagisme, l'activité physique et le sexe ne modifiaient pas significativement cette association. Sachant que le score mMED était de 0–2 dans 27% de la cohorte suivie à l’inclusion, le risque attribuable ajusté sur la population était de 12% pour la MC.

L’analyse de l’adhésion aux recommandations menée individuellement pour chaque catégorie alimentaire n’a pas permis d’observer qu’une famille d’aliment avait une influence particulière sur le risque de survenue de la MC.

Parallèlement, aucune influence n’a été observée concernant le score mMED et le risque de RCH. Aucun lien n’a été identifié concernant l’adhésion globale ou par catégorie au régime méditerranéen d’une part et l’incidence de la RCH d’autre part.