Adénoïdectomie et amygdalectomie sont associées à un risque accru de maladies respiratoires, allergiques et infectieuses


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Des chercheurs ont étudié, pour la première fois, les effets à long terme de l'ablation des amygdales et des végétations adénoïdes pendant l'enfance. Leurs résultats publiés dans le Journal of the American Medical Association (JAMA) jettent le trouble sur la balance bénéfice/risque de ces chirurgies. Celles-ci augmentent en effet fortement le risque à long terme de développer des maladies respiratoires, allergiques et infectieuses.

Pour le démontrer, Sean Byars de l'Université de Melbourne, Jacobus Boomsma de l'Université de Copenhague et Stephen Stearns de l'Université de Yale ont analysé des données portant sur 1 189 061 enfants nés au Danemark entre 1979 et 1999, couvrant au moins leurs 10 premières années et jusqu'à 30 ans de leur vie. Parmi eux, 17 460 ont subi une adénoïdectomie, 11 830 une amygdalectomie et 31 377 une ablation à la fois des amygdales et des végétations adénoïdes.

D'après leurs calculs, l'amygdalectomie pratiquée au cours des neuf premières années de la vie triple le risque de développer des maladies des voies respiratoires supérieures (telles que asthme, grippe, pneumonie) et des maladies pulmonaires obstructives chroniques (comme une bronchite chronique ou un emphysème). L'adénoïdectomie, quant à elle, double le risque de survenue de maladies pulmonaires obstructives chroniques, de maladies des voies respiratoires supérieures et de conjonctivite. Par ailleurs, les bénéfices de ces chirurgies sont mitigés. Si elles sont associées à une réduction du risque d'amygdalite chronique, on n'observe aucun changement dans les anomalies de la respiration jusqu'à l'âge de 30 ans non plus que pour la sinusite. Le risque de troubles du sommeil est néanmoins réduit grâce à l'adénoïdectomie.

Positionnés dans le nez et la gorge, les végétations adénoïdes et les amygdales agissent comme la première ligne de défense du système immunitaire, en aidant à reconnaître les pathogènes aéroportés comme les bactéries et les virus, et à initier une réponse immunitaire. C'est pendant les premières années de la vie que ces tissus sont les plus actifs dans le système immunitaire en développement. « Nos résultats (...) encouragent à reporter si possible l'ablation des amygdales et des végétations adénoïdes, ce qui pourrait favoriser le développement normal du système immunitaire pendant l'enfance et réduire les risques possibles de maladies à un âge plus avancé », indique le Dr Byars. Il note néanmoins qu'il sera toujours nécessaire d'enlever les amygdales et les végétations adénoïdes en présence de certaines pathologies graves.