Adénocarcinome canalaire du pancréas : FOLFIRINOX versus FOLFOXIRI

  • World J Gastrointest Oncol

  • Par Nathalie Barrès
  • Actualités médicales
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir 

Les cliniciens de deux centres français de référence dans la prise en charge du cancer ont comparé l’efficacité du protocole FOLFOXIRI au protocole FOLFIRINOX chez les patients souffrant d’adénocarcinome canalaire avancé du pancréas (ACPa). Aucun bénéfice d’un protocole sur l’autre n’a pu être démontré. Le protocole FOLFIRINOX reste ainsi le protocole de référence dans ce contexte. Cette étude met cependant en évidence tout l’intérêt de l’administration prophylactique de facteurs de croissance hématopoïétiques  en routine après chaque cycle de chimiothérapie.

Pourquoi ces résultats sont intéressants ?

Actuellement, le protocole FOLFIRINOX est le traitement de référence en première ligne dans l’adénocarcinome avancé du canal pancréatique. Le pronostic associé à l’adénocarcinome canalaire avancé du pancréas est sombre, notamment du fait d’un diagnostic tardif. La survie globale à 5 ans étant estimée entre 8 et 9%. La survie globale peut être améliorée à 54,4 mois en moyenne, par une résection chirurgicale localisée complète suivie de 6 mois de chimiothérapie. Ainsi, tout protocole pouvant améliorer ces paramètres est intéressant.

Méthodologie

Des patients souffrant d’adénocarcinome avancé du canal pancréatique et traités consécutivement en première intention par un protocole FOLFOXIRI (n=165, à l’hôpital universitaire de Besançon) ou FOLFIRINOX (n=124, à l’hôpital universitaire de Lille) ont été inclus dans cette étude exploratoire. 

Le protocole FOLFIRINOX est constitué de la combinaison d’oxaliplatine (85 mg/m2), de leucovorine (400 mg/m2), d’irinotecan (180 mg/m2) et de 5-FU (400 mg/m2en bolus IV à J1 et une perfusion continue 2.400 mg/m2sur 46h à partir de J1).

Le protocole FOLFOXIRI reprend les mêmes molécules, mais avec une dose réduite pour irinotecan et l’absence de bolus de 5-FU (selon un protocole utilisé dans le cancer colorectal métastatique). Ainsi, le protocole FOLFOXIRI est constitué de l’association d’irinotecan (165 mg/m2), d’oxaliplatine (85mg/m2), de leucovorein (200mg/m2) et de 5-FU (3.200 mg/m2en perfusion continue durant 48h). L’efficacité et la tolérance de ces deux traitements ont pu être comparées en face-face à partir de 96 patients appariés.

Principaux résultats

Les deux groupes de traitement avaient des caractéristiques similaires hormis pour la localisation de la tumeur (située au niveau de la tête pancréatique pour 43,1% des individus sous FOLFIRINOX et pour 56,7% sous FOLFORIXI), la gravité de la maladie (grade histologique au moment de l’initiation de la chimiothérapie, nombre de sites métastatiques plus important dans le groupe FOLFIRINOX que dans le groupe FOLFOXIRI), et le niveau de douleur des sujets – jugé par la consommation morphinique. 

Le taux médian de suivi était de 26,7 mois dans le groupe FOLFIRINOX et de 44,2 mois dans le groupe FOLFOXIRI. 

Après appariement, les taux de survie globale et de survie sans progression de la maladie étaient similaires entre les deux bras (hazard ratio : 1,22 ; p=0,120). Tous les patients ont reçu des facteurs de croissance hématopoïétiques après chaque cycle de chimiothérapie et un faible taux de toxicité hématologique a été constaté dans les deux bras. 

Les taux événements de toxicité de grade 3 ou 4 (incluant les événement digestifs et hématologiques) étaient similaires entre les deux groupes (p=0 ,362).

Limites

Étude rétrospective. Patients traités dans deux centres différents en fonction des protocoles utilisés.