Adalimumab dans la maladie de Crohn active : conservez une main de fer… dans un gant de velours

  • D'Haens GR & al.
  • Gastroenterology

  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Les doses de charge élevées d’adalimumab versus des doses standard d’initiation, ainsi que le monitoring par dosage du traitement versus la clinique n’apportent pas de bénéfice significatif en termes d’efficacité ou de tolérance.
  • C’est ce que suggère SERENE CD, une étude qui a comparé ces stratégies de prise en charge de patients atteints de maladie de Crohn (MC) modérément à sévèrement active par l’adalimumab.

 

Pourquoi est-ce important ?

L’amélioration des critères endoscopiques a été associée à un meilleur pronostic pour les patients atteints par une maladie de Crohn, cependant elle est souvent plus difficile à obtenir que la rémission clinique. Ce constat laisse supposer qu’une intensification du traitement pourrait y contribuer. D’où l’intérêt de cette étude.

 

Méthodologie

SERENE CD (Study of a novEl appRoach to induction and maintenance dosing with adalimumab in patiENts with modErate to severe Crohn’s Disease) est une étude de phase 3, multicentrique, randomisée, menée en double aveugle qui a inclus des adultes atteints de MC modérément à sévèrement active (indice d’activité (CDAI) 220-450) sur preuve endoscopique après échec d’un traitement standard.

Les sujets ont été randomisés entre un bras avec une phase d’induction du traitement par doses de charge importantes - 160 mg d’adalimumab en semaines 0, 1, 2 et 3 (n=308) -, et un bras d’induction standard - 160 mg d’adalimumab en semaine 0 et 80mg en semaine 2 (n=206). Dans les deux cas, la poursuite de la prise en charge passait par un traitement de maintien avec 40 mg d’adalimumab toutes les deux semaines à partir de la 4ème semaine. Le co-critère primaire incluait la rémission clinique en semaine 4 et la rémission endoscopique à la semaine 12. À la 12ème semaine, les patients ont ensuite été randomisés pour un suivi optimisé sur la clinique, à partir des valeurs de CDAI et de protéine-C réactive (n=92) ou un suivi monitoré par le traitement, à partir des taux d’adalimumab sérique et de critères cliniques (n=92).

 

Principaux résultats

Sur les 514 patients inclus dans l’étude, 308 et 206 ont été respectivement randomisés entre le groupe de traitement d’induction à doses élevées et standard. La durée moyenne de la maladie était de 7,3 ans. Environ 17% des patients avaient déjà connu un échec thérapeutique avec l’infliximab et/ou y étaient intolérants. 50% et 27% des patients avaient conservé un traitement par corticoïdes ou immunosuppresseur respectivement.

À la 4ème semaine, c’est-à-dire juste après la phase d’induction, 44% des patients ont atteint la rémission clinique quel que soit le traitement d’induction reçu (p=0,939).

À la 12ème semaine, la réponse endoscopique était similaire également entre les deux bras (43% dans le groupe ayant bénéficié d’une induction plus puissante et 39% dans l’autre groupe, p=0,462).

Une meilleure réponse endoscopique au traitement était obtenue à 12 semaines chez les patients qui avaient une atteinte iléale par rapport à une atteinte colique.

À la semaine 56, l’efficacité était similaire entre le protocole ajusté sur la clinique et le protocole basé sur le monitoring du dosage du traitement. 

La tolérance des patients à ces deux stratégies de traitement était équivalente.