Activité sexuelle et cancer de la prostate : du nouveau ?

  • Jian Z & al.
  • J Sex Med
  • 16 août 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Une méta-analyse a tenté de déterminer d’éventuelles associations entre le nombre de partenaires sexuels féminins, l’âge des premiers rapports, la fréquence d’éjaculation et le risque de développer un cancer de la prostate. Les résultats de cette méta-analyse montrent que l'augmentation du nombre de partenaires sexuels féminins accroît le risque de cancer de la prostate, en revanche, le recul de l’âge du premier rapport et l’augmentation de la fréquence d’éjaculation seraient associés à une diminution du risque. Il est cependant utile d’interpréter ces résultats avec précaution, compte tenu du fait que les études incluses sont quasiment toutes des études observationnelles cas-témoins. Les auteurs évoquent plusieurs explications à ces associations. D’un côté, une activité sexuelle accrue pourrait favoriser l’activité androgénique et le risque d’exposition aux MST qui augmenteraient le risque de cancer de la prostate. D’un autre côté, une fréquence élevée d’éjaculation permettrait l’élimination de certaines substances carcinogènes par le fluide prostatique.

Pourquoi cette publication est-elle intéressante ?

Face à un cancer très fréquent, les chercheurs tentent de mettre en exergue des facteurs de risque modifiables sur lesquels les praticiens et les pouvoirs publics pourraient communiquer. Les méta-analyses permettent de compiler les informations de multiples études et donc de transmettre une vision plus globale d’une situation. Ainsi, face à un sujet controversé du fait d’études cliniques aux résultats contradictoires, il peut être utile de juger de la tendance globale à travers une méta-analyse incluant les études jusqu’à une période récente. Il s’agit par ailleurs de la première méta-analyse décrivant une évaluation « dose-dépendante » entre ces paramètres liés à l’activité sexuelle et le risque de cancer de la prostate. D’où l’intérêt de celle-ci. 

Méthodologie

Une revue systématique de la littérature a été réalisée pour identifier toutes les études pertinentes sur le sujet publiées jusqu’en avril 2018, puis une méta-analyse a compilé les données.

Principaux résultats

Au global, 21 études cas-témoins et une étude de cohorte ont été incluses dans les analyses (soit 55.490 sujets, 14.976 cas, et 40.514 témoins).

Une association linéaire et « dose-dépendante » significative a été mise en évidence entre le nombre de partenaires sexuels féminins, ainsi que l’âge du premier rapport sexuel et le risque de cancer de la prostate. Ainsi, chaque palier supplémentaire de 10 partenaires sexuels féminins était associé à une augmentation du risque de cancer de la prostate de 10% (Odds ratio (OR) 1,10 [1,01-1,21]). Et, chaque recul de cinq années de l’âge du premier rapport sexuel réduisait le risque de cancer de la prostate de 4% (OR 0,96 [0,92-0,99]). 

Enfin, bien qu’elle ne soit pas linéaire, une association a été mise en évidence entre la fréquence d’éjaculation et le risque de développer un cancer de la prostate. Une fréquence modérée de 2 à 4 éjaculations par semaine était significativement associée à une diminution de 9% du risque de cancer de la prostate (OR 0,91 [0,87-0,96]).

Principales limites

Une hétérogénéité substantielle entre les études incluses ne peut être écartée.