Activité physique régulière : raisons et enjeux


  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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Un hors-série du BEH nous donne l’opportunité de faire le point sur les avancées concernant les bénéfices de l’activité physique :

  • En Europe environ 86% des décès et 77% de la charge de morbidité seraient liés au diabète, aux maladies cardiovasculaires, aux cancers, aux maladies respiratoires chroniques et aux troubles mentaux. L’importance de ces chiffres font de l’Europe la région du monde la plus touchée par les maladies chroniques.
  • En France, 45% d’hommes et 55% de femmes pratiqueraient une AP régulière. Non seulement ces chiffres sont faibles, mais ils diminuent depuis 2006. Parallèlement la sédentarité des français augmente.
  • Pourtant, aujourd’hui il n’y a plus aucun doute sur l’intérêt de recommander ou prescrire la pratique régulière d’une APA (activité physique adaptée) en cas de pathologie chronique. Ses bénéfices sur la diminution de la mortalité, l’amélioration du bien-être et de la qualité de vie, notamment chez les personnes âgées, ainsi que sur la santé mentale, l’acquisition et le maintien du capital osseux, la prévention des maladies cardiovasculaires et ostéo-articulaires et le contrôle du poids ne sont plus à démontrer.
  • Que ce soit en prévention primaire, secondaire ou tertiaire, les preuves des bénéfices de l’activité physique n’ont jamais été aussi importantes. Ce qui a contribué en 2019, à reconnaître l’AP comme traitement à part entière pour dix pathologies chroniques : diabète de type 2, obésité, BPCO, asthme, cancers, syndrome coronarien aigu, insuffisance cardiaque, accidents vasculaires cérébraux, maladies ostéo-articulaires, dépression et schizophrénie.
  • La prise de conscience du cercle vicieux du déconditionnement physique semble moins évidente. Pourtant, ce déconditionnement serait déjà présent chez beaucoup plusieurs années avant le diagnostic d’une maladie chronique. Il a un retentissement musculaire, métabolique, cardiorespiratoire, psychologique et social. Il conduit à des modifications de la composition corporelle aggravant la pathologie sous-jacente et joue un rôle d’amplificateur. Ce cercle vicieux est favorisé par la mise en place de stratégies d’évitement conscientes ou non  des années avant le diagnostic d’une pathologie chronique : réduction du périmètre de marche, évitement des escaliers, prise de la voiture pour un court trajet, etc, dans l’objectif de se protéger d’une fatigue ou d’une dyspnée.
  • Aujourd’hui, la question porte préférentiellement sur l’identification de programmes qui soient à la fois les plus adaptés et les plus efficients, sur la date de leur initiation une fois le diagnostic posé, sur les types d’activité physique (renforcement musculaire, endurance, souplesse, mixte), leur fréquence, leur intensité, etc. Pour y répondre, il faut avoir connaissance des mécanismes cellulaires en jeu.
  • La pratique d’une activité physique régulière et adaptée permet également d’alléger le fardeau lié à la maladie elle-même (diminution de l’anxiété et de la dépression, soulagement ou retardement de certaines complications, amélioration de l’estime de soi).
  • Malgré la mise en place de plusieurs plans nationaux intégrant l’activité physique comme outil de prévention (PNNS, plan cancer, plan obésité, plan bien vieillir…), une grande partie de la population n’accède pas encore facilement à la pratique d’une activité physique, en particulier les plus vulnérables.
  • Lorsque l’on parle d’adaptation, l’un des points essentiels est de tenir compte de la motivation, des préférences, de la perception et des attitudes individuelles vis-à-vis de l’activité physique ainsi que des contraintes familiales, professionnelles, socio-économique et du style de vie.