Activité physique et maladie chronique : freins et leviers motivationnels identifiés


  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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Les professionnels de santé qui souhaitent engager leurs patients souffrant de pathologies chroniques à pratiquer durablement une activité physique (AP) se heurtent bien souvent à des freins motivationnels difficiles à dépasser. Un article du dossier spécial du Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire fait le point sur l’état des recherches sur le sujet au niveau international en tentant de répondre à trois questions.

1- Quels sont chez les personnes atteintes d’une pathologie chronique, les facteurs motivationnels et/ou les barrières significativement associés à la pratique régulière d’une AP ?

  • Le plaisir avant tout ! C’est ce qui ressort des données de la littérature qui suggèrent que le maintien d’une AP dans le temps se fait seulement si l’individu ressent du plaisir et de l’intérêt pour l’activité.
  • L’engagement dans une AP pour un patient chronique est souvent favorisé lorsqu’elle est initiée à travers un parcours de soin. Son maintien est amélioré par la perception par le patient des bénéfices pour sa santé physique et son bien-être psychologique (gain concret en termes de pouvoir d’action, d’image de soi et d’interactions sociales valorisantes). 
  • Les messages et comportements de l’environnement social et familial peuvent influencer favorablement ou non la motivation de ces personnes. Le soutien, les encouragements, l’individualisation des contenus et le partage d’expérience s’avèrent facilitateurs alors que les comportements directifs, la pression, la surprotection ne le sont pas.
  • Les risques perçus à ne pas pratiquer d’AP ne semblent pas être un facteur déterminant de l’adhésion d’un individu à une activité physique ni à son maintien durable.
  • Les principales barrières à la pratique d’une AP sont liées à l’état physique du sujet (douleur, fatigue, exacerbation temporaire de certains symptômes) et à l’éloignement culturel et social de la pratique elle-même. La perception par l’individu de ne pas être compétent, ou le fait de ne pas avoir confiance en soi et en ses capacités favorisent le désengagement vis-à-vis d’une AP.
  • La pratique pour faire plaisir à autrui ou en réponse à la pression sociale ne sont pas des facteurs moteurs à long terme.
  • Autre facteur de désengagement, l’individu peut ne pas se sentir apte du fait de sa maladie ou peut considérer que ses responsabilités familiales et/ou professionnelles passent avant.

2- A-t-on identifié des facteurs individuels ou contextuels agissant comme leviers ou freins à l’AP ?

  • Certains effets indésirables des traitements du cancer ou de la schizophrénie sont par exemple apparus comme étant des barrières potentielles à la pratique d’une AP.
  • Il semblerait que les femmes aient globalement plus de barrières que les hommes.
  • Concernant l’âge, peu de données permettent en définitive de savoir s' il peut être une barrière. 
  • Enfin, la préférence entre une pratique individuelle et collective serait assez équilibrée.

Comment favoriser la motivation ?

  • Donner du sens à l’AP dans le parcours de soins et de vie du patient est un élément important de motivation. 
  • Associer une démarche éducative à la prescription de l’AP favoriserait l’engagement et le maintien de celle-ci.
  • Concevoir dès le début des soins l’identification des éléments qui vont favoriser la pratique de l’AP à domicile ou à proximité est un élément fondamental qui positionnera le patient comme acteur de la continuité de son engagement initié à travers un parcours de soins. Un bilan éducatif partagé permettra d'intégrer l’activité physique dans la vie quotidienne du patient en cohérence avec ses habitudes de vie, ses besoins, ses possibilités, ses envies, ainsi que les freins et leviers qui lui sont propres.
  • Informer sur les bénéfices de la pratique régulière d’une AP, faire parler le patient sur les situations qu’il a vécues et sur les changements constatés sur lui, anticiper les barrières à l’AP, prévoir avec l’individu la meilleure façon d’y faire face lorsqu’elles surviennent, fixer des objectifs atteignables, suivre l’adoption du comportement, faire en sorte que le sujet puisse partager son expérience avec d’autres, travailler sur les pensées récurrentes vis-à-vis de l’AP pour les faire évoluer positivement. Enfin, l’entretien motivationnel a bien sûr toute sa place dans l’accompagnement au changement de comportement.