Activité physique et cancer du sein : que sait-on ? (partie 1)

  • Cytokine Growth Factor Rev

  • Par Nathalie Barrès
  • Actualités médicales
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Un premier article reviendra sur les relations entre muscle squelettique, tissu adipeux et cytokines avant d’aborder les relations entre cytokines et cancer du sein, puis entre activité physique et cancer du sein chez les sujets obèses.

Quelques éléments pour comprendre les relations entre muscle squelettique, tissu adipeux et cytokines :

  • Le muscle squelettique et le tissu adipeux sont considérés depuis quelques années comme des organes endocriniens majeurs (tant par leur masse que par leurs sécrétions). Ils interagissent entre eux viades cytokines (adipokines pour le tissu adipeux et myokines pour le tissu musculaire).
  • L’obésité (IMC>30kg/m2) est associée à un risque accru de cancer du sein après la ménopause. Elle est également considérée comme source de dysfonctionnement endocrinien associée à un état d’inflammation chronique. 
  • Les adipocytes sont en capacité de sécréter des cytokines pro-inflammatoires (leptine, IL-6, TNF-alpha, résistine) et des cytokines anti-cancérogènes (adiponectine, omentine-1). La production de cytokines pro-inflammatoires et d’espèces réactives de l’oxygène favorise les dysfonctionnements métaboliques et la progression des tumeurs.
  • L’activité physique augmente l’absorption du glucose vial’expression du GLUT4 et la sensibilité à l’insuline. Les muscles squelettiques modulent environ 75% de la clairance du glucose en réponse à l’insuline. 
  • Les fibres musculaires interagissent avec les tissus adipeux notamment en augmentant la lipolyse. L’exercice physique favorise aussi la synthèse de NO, donc l’angiogenèse. L’adiponectine module l’oxydation des acides gras, stimule l’acétyl-CoA oxydase, la biogenèse mitochondriale et favorise l’augmentation de la sensibilité à l’insuline dans le muscle squelettique. 
  • La leptine dont la sécrétion est augmentée environ une heure après un exercice en aérobie (aigu ou chronique) favorise l’absorption du glucose. 
  • L’exercice chronique libère également de l’IL-6 qui agit comme anti-inflammatoire. Le TNF-alpha pourrait diminuer l’oxydation des acides gras et le métabolisme du glucose. Bien qu’une étude ait mis en évidence la diminution des taux circulants de TNF-alpha chez les individus pratiquant un niveau élevé d’activité physique, l’effet anti-inflammatoire de l’activité physique a été démontrée par de nombreuses études. 
  • L’effet des œstrogènes sur le muscle dépend de l’équilibre entre deux isoformes de récepteurs aux œstrogènes (ERα et ERß) qui ont des effets opposés. Des études ont montré qu’une position assise prolongée et un mode de vie sédentaire étaient associés à une augmentation des taux d’œstrogènes alors que l’activité physique est associée à une diminution des taux d’œstrogènes sans que tous les mécanismes ne soient clairement identifiés.

Un prochain article abordera les relations mises en évidence par la science entre cytokines et cancer du sein.