Activité physique en prévention primaire du cancer

  • Nathalie Barrès
  • Actualités Médicales
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Face à l’important défi de la prise en charge des cancers dans les années à venir, il est essentiel de mettre en avant les preuves de plus en plus nombreuses concernant les mesures préventives, notamment le bénéfice d’une activité physique régulière. 

L’activité physique (AP) et prévention des cancers

Les preuves restent plus importantes pour certains cancers que pour d’autres. 

  • Pour le cancer du côlon, plusieurs études ont mis en évidence une diminution du risque d’au moins 25% chez les sujets les plus actifs physiquement par rapport aux moins actifs. Le bénéfice de l’AP serait dose-dépendant, mais indépendant de l’IMC, du sexe et du régime alimentaire. Les personnes qui pratiquent une AP ont cependant, généralement une alimentation plus saine que les autres. Les preuves manquent en revanche concernant le bénéfice de l’AP en prévention primaire du cancer du rectum.
  • Pour le cancer du sein, les recommandations américaines sur l’activité physique indiquent une relation dose-réponse avec une diminution de 10% du risque de développer un cancer du sein pour toute augmentation de 2 heures de la pratique d’une activité physique quelle que soit l’intensité, suggérant ainsi que plus que l’intensité, c’est la durée totale qui compte. Une association inverse existerait en fonction de l’IMC sauf pour les femmes obèses. Le bénéfice serait indépendant du statut en récepteur hormonal. À ce jour, il n’est pas vraiment certain que le bénéfice soit plus important avant ou après la ménopause. Toutes les activités physiques seraient bénéfiques : AP sportive ou de loisir, domestique, liée aux transports ou professionnelle.
  • Le rôle protecteur de l’activité physique vis-à-vis du cancer de l’endomètre a également été démontré par plusieurs études, avec une différence de risque d’environ 20% entre les femmes les plus actives et les moins actives, tout type d’activité compris. Encore une fois, une relation dose-réponse a été mise en évidence, avec une réduction de 8% du risque de développer un cancer de l’endomètre pour les femmes dont l’AP est conforme aux recommandations internationales (150 min/semaine) par rapport à celles qui ont le plus faible niveau d’AP. Le bénéfice pourrait être médié par la composition corporelle.
  • Récemment une importante étude portant sur 1,44 millions d’adultes (cohortes américaines et européennes) a mis en évidence une réduction du risque pour 13 cancers sur 26 examinés. La réduction atteignait au-moins 20% pour 7 cancers en particulier : adénocarcinome oesophagien, cancer du foie, poumon, rein, cardia gastrique, endomètre et leucémie myéloïde.