Activité physique durant et après traitement du cancer : que retenir ?

  • Nathalie Barrès
  • Actualités Médicales
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Après un premier article concernant le rôle de l’activité physique (AP) en prévention primaire du cancer, voyons à partir d’une revue de la littérature l’impact de l’AP après diagnostic de cancer.

Plusieurs études ont examiné l’effet de la AP sur l’espérance de vie de patients traités pour cancer invasif non métastatique (stade I à III) :

  • Une récente méta-analyse ayant inclus plus de 120.000 patientes atteintes de cancer du sein suivies durant 4,3 à 12,7 ans a montré une diminution de 41% du risque de décès toutes causes, et en lien avec le cancer du sein, pour les femmes qui pratiquaient une AP. La diminution du risque de décès lié au cancer du sein ou toutes causes confondues est dose-dépendante avec l’AP pratiquée. Il existe une association positive significative entre la pratique de l’AP avant/après le diagnostic et le pronostic de la patiente.
  • Plusieurs méta-analyses ont mis en évidence une diminution du risque de mortalité globale et de mortalité en lien avec un cancer colorectal chez les sujets qui étaient les plus actifs physiquement par rapport aux moins actifs après le diagnostic : respectivement -37% et -36%. Encore une fois le risque diminuait avec l’augmentation de l’AP (relation dose-réponse). Ces associations entre l’AP et l’amélioration du pronostic étaient indépendantes du sexe, du statut tabagique, de l’IMC, du stade tumoral ou des traitements administrés. 
  • Des données existent également montrant la réduction de la mortalité totale et spécifique suite à un cancer de la prostate de 34% avec la pratique de l’AP de loisir avant et après le diagnostic (>18-20 versus moins de <7-8 MET-h/semaine). Le niveau de preuve associé à la corrélation entre pratique de l’AP après diagnostic de cancer et amélioration du pronostic global et spécifique est cependant moindre que pour le cancer du sein ou colorectal.
  • L’AP a également des bénéfices dans le contexte du cancer sur l’image corporelle du patient, sur l’estime de soi, sur le bien-être, la sexualité, les troubles du sommeil, la socialisation, l’anxiété et la douleur. Elle limite aussi le risque de déconditionnement, fréquent chez les patients traités pour cancer.