Acétate de cyprotérone et risque de méningiome : de nouvelles mesures


  • Fanny Le Brun
  • Actualités des médicaments
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En cas de traitement par acétate de cyprotérone (Androcur ® et génériques), le risque de méningiome est :

  • Multiplié par 7 au-delà de 6 mois d’utilisation avec une dose moyenne ≥ 25 mg par jour.
  • Multiplié par 20 au-delà d’une dose cumulée de 60 g, soit environ 5 ans de traitement à 50 mg par jour ou 10 ans à 25 mg par jour.

Face à ce risque, des mesures ont été prises :

  • Une fiche d’information concernant le risque de méningiome avec l’acétate de cyprotérone doit désormais être remise par les prescripteurs à leurs patients. Elle est disponible sur le site de l’ANSM.
  • A partir du 1 er juillet 2019, la délivrance de ces médicaments en pharmacie sera obligatoirement soumise à la présentation d’une attestation d’information annuelle signée par le patient et le médecin prescripteur (pour les renouvellements, cette attestation ne sera obligatoire qu’à partir du 1 er janvier 2020 afin de laisser au patient le temps de revoir son médecin). Cette attestation est également disponible sur le site de l’ANSM.
  • Des courriers d’information sont actuellement envoyés aux professionnels de santé et aux patients ayant respectivement prescrit et reçu Androcur ® ou ses génériques au cours des 24 derniers mois afin de les inciter à se rencontrer pour échanger sur ce risque et décider de la poursuite ou non du traitement.

Pour rappel, Androcur ® et ses génériques sont notamment utilisés :

  • Chez la femme, dans le traitement de certaines maladies hormonales se manifestant par une augmentation du système pileux (hirsutisme).
  • Chez l’homme, pour atténuer les symptômes du cancer de la prostate.
  • Dans le traitement de certaines formes de paraphilie (déviance sexuelle) en association avec une prise en charge psychothérapeutique.

Les utilisations prolongées et à forte dose ainsi que les indications hors AMM telles que l’acné, la séborrhée et l’hirsutisme modéré sont à proscrire, tout comme les utilisations chez l’enfant et la femme ménopausée qui ne sont pas recommandées.

Les professionnels de santé sont invités :

  • À réévaluer régulièrement le bien-fondé de la prescription en tenant compte du rapport bénéfice/risque individuel.
  • À respecter les modalités de surveillance des patients sur le plan clinique et radiologique :
    • IRM cérébrale systématique en début de traitement et IRM de contrôle à envisager pour les patients déjà sous traitement.
    • Tant que le traitement est maintenu : IRM au plus tard 5 ans après la première puis tous les 2 ans si l’IRM précédente est normale.

Concernant les patients ayant reçu ce traitement par le passé, ils peuvent consulter un médecin qui jugera, après un examen clinique, de l’opportunité de réaliser une IRM.

Il est important de noter que l’acétate de cyprotérone a des propriétés contraceptives et qu’en cas d’arrêt, même ponctuel, des méthodes contraceptives efficaces doivent être utilisées.

Un numéro vert est accessible gratuitement pour répondre aux questions des patients et de leur entourage : 0 805 04 01 10.