Accident vasculaire cérébral : L’essentiel du mois d’août 2016


  • Pavankumar Kamat
  • Monthly Essentials

Les meilleures nouvelles données probantes du mois sur l’accident vasculaire cérébral, août 2016

1. Dans une étude rétrospective qui a inclus près d’un demi-million de patients atteints d’une fibrillation auriculaire (FA), seuls 45 % d’entre eux se sont fait prescrire un anticoagulant oral (ACO). Même parmi les patients les plus à risque, tels qu’évalués par leur score CHA2DS2-VASc, les prescriptions d’ACO n’ont pas dépassé le taux de 50 %. Lire la suite ci-dessous.

2. Les patients présentant des symptômes d’accident vasculaire cérébral au réveil (SAVCR) ne sont généralement pas considérés comme éligibles pour un traitement par activateur tissulaire du plasminogène par voie intraveineuse (intravenous tissue plasminogen activator, IV-tPA) en raison du moment d’apparition incertain des symptômes. Cependant, dans cette étude portant sur 46 patients présentant des SAVCR et traités par IV-tPA, 154 patients non traités présentant des SAVCR, et 369 patients sans SAVCR ayant subi un accident vasculaire cérébral, les patients présentant des SAVCR qui avaient été traités avaient de meilleurs résultats fonctionnels et des taux similaires d’hémorragie intracrânienne symptomatique (HICs) aux patients non traités. Lire la suite ci-dessous.

3. Lorsque 20 hôpitaux du réseau Kaiser en Californie du Nord sont passés de l’accord préalable au refus explicite pour la prescription de statines destinées aux patients ayant subi un accident vasculaire cérébral, l’administration de statines a augmenté, et des améliorations ont été constatées concernant la survie à 90 jours et la sortie d’hôpital à 7 jours. De plus, l’administration précoce de statines (sous 8 heures) a été associée à une réduction de la détérioration neurologique. Lire la suite ci-dessous.

4. Une étude internationale portant sur plus de 13 000 patients ayant subi un accident vasculaire cérébral et 13 000 patients témoins a identifié dix facteurs de risque modifiables qui ont représenté ensemble 91 % des cas d’accident vasculaire cérébral. Ces facteurs de risque étaient une tension artérielle élevée, la pratique régulière d’une activité physique, un rapport apolipoprotéine (Apo) B/ApoA1 élevé, une alimentation saine, un rapport taille/hanche élevé, des facteurs psychosociaux, un tabagisme actuel, des causes cardiaques, une consommation élevée d’alcool et un diabète. Lire la suite ci-dessous.

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1

Prescription d’ACO chez les patients atteints d’une FA à haut risque

Source : JAMA Cardiol

Principaux résultats

  • Un score CHADS2 en hausse (RC corrigé : 1,158 ; IC à 95 % : 1,144–1,172 ; P < 0,001 pour une augmentation d’un point) et un score CHA2DS2-VASc en hausse (RC corrigé : 1,163 ; IC à 95 % : 1,157–1,169 ; P < 0,001 pour une augmentation d’un point) ont été associés de manière significative à une probabilité accrue de prescription d’ACO.
  • 44,9 % des patients présentant une FA se sont fait prescrire un ACO, le plus souvent de la warfarine (90,3 %), du dabigatran (7,7 %) et du rivaroxaban (2 %).
  • Les taux de prescription d’ACO n’ont pas dépassé 50 %, même chez les patients à haut risque (score CHADS2 > 3 ou score CHA2DS2-VASc >4).

Conception de l’étude

  • 429 417 patients atteints d’une FA ont été analysés quant au risque d’accident vasculaire cérébral, tel qu’évalué par les scores CHADS2 et CHA2DS2-VASc et aux associations avec les prescriptions d’ACO.
  • Financement : étude financée par le Registre national des données cardiovasculaires du Collège américain de cardiologie (American College of Cardiology National Cardiovascular Data Registry).

Pourquoi est-ce important ?

  • La FA est associée à un risque accru d’accident vasculaire cérébral, tandis que les ACO sont fréquemment prescrits pour réduire le risque d’accident vasculaire cérébral. 

Texte intégral libre

 
2

Le traitement par IV-tPA est sûr et efficace pour les symptômes d’accident vasculaire cérébral au réveil

Source : J Stroke Cerebrovasc Dis

Principaux résultats

  • Les patients traités par IV-tPA et les patients non traités présentaient des taux similaires d’HICs (2,2 % contre 0,7 % ; P = 0,362).
  • Les patients traités par IV-tPA avaient de meilleurs résultats fonctionnels (RC : 7,22 ; IC à 95 % : 2,28–22,88 ; P = 0,001), par rapport aux patients non traités.
  • Le traitement par IV-tPA a entraîné une plus grande diminution du score à l’échelle d’évaluation des accidents vasculaires cérébraux des Instituts nationaux de la santé (National Institutes of Health Stroke Scale, NIHSS) à la sortie d’hôpital, par rapport aux patients non traités (P = 0,032).

Conception de l’étude

  • 46 patients présentant des SAVCR et traités par IV-tPA, 154 patients non traités présentant des SAVCR et 369 patients témoins ont été analysés quant aux taux d’HICs et aux résultats fonctionnels évalués par le score NIHSS.
  • Financement : la source de financement n’a pas été communiquée.

Pourquoi est-ce important ?

  • Les patients présentant des SAVCR ne sont généralement pas éligibles à un traitement par IV-tPA en raison du moment d’apparition incertain des symptômes.

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3

Une intervention dans les DME augmente le recours aux statines

Source : J Am Heart Assoc

Principaux résultats

  • Une intervention dans les dossiers médicaux électroniques (DME) a été associée de manière significative à une administration accrue de statines à l’hôpital (90,7 % contre 87,2 % ; P < 0,001) et à une administration précoce de statines (< 8 heures ; 26,3 % contre 16,9 % ; P < 0,001), par rapport à la période antérieure à l’intervention.
  • L’intervention dans les DME a été associée de manière significative à une amélioration de la survie à 90 jours (p = 0,016) et de la sortie à 7 jours (P = 0,034).
  • L’administration précoce de statines (< 8 heures) a été associée de manière significative à une amélioration de la survie à 90 jours (P = 0,033) et de la sortie à 7 jours (P = 0,011) et à une réduction de la détérioration neurologique (P = 0,026).

Conception de l’étude

  • 6 131 patients ayant subi un accident vasculaire cérébral ischémique répartis dans 20 hôpitaux ont été analysés quant aux effets cliniques d’une intervention dans les DME en passant d’un accord préalable à un refus explicite concernant la prescription de statines et aux changements que cela a entraîné sur l’administration de statines.
  • Financement : étude financée par l’Institut de recherche de la Fondation Kaiser (Kaiser Foundation Research Institute).

Pourquoi est-ce important ?

  • Les statines sont connues pour réduire le risque de récidive d’accident vasculaire cérébral.

Texte intégral libre

 
4

Effets régionaux des facteurs de risque modifiables de l’accident vasculaire cérébral aigu

Source : Lancet

Principaux résultats

  • Des antécédents d’hypertension ou de tension artérielle élevée (RC : 2,98 ; IC à 99 % : 2,72–3,28), la pratique régulière d’une activité physique (RC : 0,60 ; IC à 99 % : 0,52–0,70), un rapport ApoB/ApoA1 élevé (RC : 1,84 ; IC à 99 % : 1,65–2,06), une alimentation saine (RC : 0,60 ; IC à 99 % : 0,53–0,67), un rapport taille/hanche élevé (RC : 1,44 ; IC à 99 % : 1,27–1,64), des facteurs psychosociaux (RC : 2,20 ; IC à 99 % : 1,78–2,72), un tabagisme actuel (RC : 1,67 ; IC à 99 % : 1,49–1,87), des causes cardiaques (RC : 3,17 ; IC à 99 % : 2,68–3,75), une consommation d’alcool élevée (RC : 2,09 ; IC à 99 % : 1,64–2,67) et un diabète (RC : 1,16 ; IC à 99 % : 1,05–1,30) ont été associés de manière significative à un risque d’accident vasculaire cérébral.
  • Les facteurs de risque ci-dessus ont représenté 90,7 % des risques attribuables dans la population de tous les cas d’accident vasculaire cérébral dans le monde et étaient concordants, quels que soient les régions, le sexe et les groupes d’âge.
  • Des variations régionales ont été constatées concernant l’importance des facteurs de risque individuels.

Conception de l’étude

  • 13 447 patients ayant subi un accident vasculaire cérébral et 13 472 patients témoins provenant de 32 pays ont été analysés quant aux facteurs de risque associés au tout premier accident vasculaire cérébral dans le cadre de l’étude INTERSTROKE.
  • Financement : Instituts de recherche en santé du Canada, Fondation des maladies du cœur et de l’accident vasculaire cérébral du Canada, Réseau canadien contre les accidents vasculaires cérébraux, Comité de recherche en santé de l’Irlande (Health Research Board Ireland), Conseil de recherche de la Suède, Fondation cœur-poumon de Suède, Comité de la santé et des soins médicaux du Conseil d’administration de la région de Västra Götaland (Suède), AstraZeneca, Boehringer Ingelheim (Canada), Pfizer (Canada), MSD, Association de lutte contre les maladies thoraciques, les cardiopathies et les accidents vasculaires cérébraux d’Écosse (Chest, Heart and Stroke Scotland) et l’Association de lutte contre l’accident vasculaire cérébral (The Stroke Association) avec l’assistance du Réseau de recherche sur les accidents vasculaires cérébraux du Royaume-Uni (UK Stroke Research Network).

Pourquoi est-ce important ?

  • Comprendre les facteurs de risque d’accident vasculaire cérébral aide à adapter les stratégies de prévention des accidents vasculaires cérébraux en fonction des régions et des sous-groupes de population spécifiques.

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