ACC : Ticagrelor : un antidote chez le volontaire sain

  • Dr Philippe Tellier

  • JIM Actualités des congrès
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

Le ticagrelor est un antiplaquettaire dont l'action consiste en une inhibition spécifique et réversible des récepteurs P2Y12. Ce médicament actif par voie orale est couramment utilisé en association avec l'aspirine dans le traitement des syndromes coronaires aigus (SCA) ou du post-infarctus. Comme les autres représentants de cette classe pharmacologique, le ticagrelor expose à des accidents hémorragiques soit spontanés, soit provoqués par le recours aux procédures invasives urgentes qui peuvent s'imposer. La transfusion de plaquettes ne permet pas de neutraliser l'effet de cet antiplaquettaire, de sorte qu'un antagoniste pharmacologique est le bienvenu.

Un fragment d'anticorps monoclonal dit PB2452 capable de se lier spécifiquement avec une haute affinité au ticagrelor a été évalué dans le cadre d'un essai randomisé de phase 1, mené à double insu contre placebo chez 64 volontaires sains. La fonction plaquettaire a été évaluée avant et 48 heures après l'administration orale du médicament ou du placebo au moyen des techniques suivantes : agrégométrie à transmission de lumière, test de réactivité plaquettaire P2Y12, mais aussi test de vasodilatation provoquée par une phosphoprotéine.

Au total, 48 sujets ont été affectés au groupe PB2452 et 16 au groupe placebo. Au terme d'un prétraitement de 48 heures par le ticagrelor, la suppression de l'agrégation plaquettaire a été estimée à 80 %. Le PB2452 administré sous la forme d'un bolus initial suivi d'une perfusion prolongée (8, 12, ou 16 heures) a permis de restaurer la fonction plaquettaire, de manière significative par rapport au placebo, tous les tests précédemment évoqués étant concordants. La neutralisation de l'effet du ticagrelor a pu être détectée dans les 5 minutes qui ont suivi son administration IV et s'est maintenue pendant plus de 20 heures (p Chez le volontaire sain, l'administration d'un fragment d'anticorps monoclonal permet de neutraliser l'action pharmacologique du ticagrelor : l'effet est immédiat et prolongé, de sorte que cet antagoniste pharmacologique représente un espoir sérieux face au risque hémorragique induit par le ticagrelor. Les essais de phase 2 permettront d'en savoir plus.