ACC : Artériopathie oblitérante des membres inférieurs : les perspectives de COMPASS

  • Dr Philippe Tellier

  • JIM Actualités des congrès
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L'étude COMPASS (Cardiovascular Outcomes for People Using Anticoagulation Strategies) est un essai randomisé multicentrique de grande envergure dans lequel ont été inclus plus de 27 000 patients atteints d'une maladie athéromateuse connue, voire plurifocale, mais stable. L'objectif a été de comparer diverses stratégies anticoagulantes préventives : rivaroxaban 5 mg/j + aspirine (n = 9152) vs. rivaroxaban 10 mg en monothérapie (n = 9,117) vs. aspirine en monothérapie (n = 9126).

Au sein de cette vaste cohorte, 6 391 participants étaient atteints d'une artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI) confirmée, et exposés, de ce fait, à un risque élevé d'évènements cardiovasculaires majeurs (ECVM) et d'évènements majeurs concernant les membres inférieurs (ECMI). Ces derniers ont été définis sur la base d'une ischémie sévère nécessitant une intervention rapide ou encore d'une amputation plus ou moins étendue.

Le pronostic des malades qui ont connu un ECMI reste mal établi. C'est là tout l'intérêt d'une analyse portant sur le sous-groupe AOMI de l'étude COMPASS qui s'est fixée deux objectifs principaux : (1) préciser la fréquence des hospitalisations, des ECVM, des amputations et des décès en cas d'antécédent d'ECMI ; (2) évaluer l'impact des stratégies thérapeutiques précédemment définies sur l'incidence des ECMI, des interventions relevant de la chirurgie vasculaire périphérique et des complications de toute nature impliquant la circulation périphérique.

Au terme d'un suivi d'une durée médiane de 21 mois, 128 patients ont été atteints d'un ECMI. Dans les suites de ce dernier, le risque cumulé d'hospitalisations dans l'année qui a suivi a été estimé à 95,4 %, versus 22,9 % pour les amputations, 8,7 % pour les décès et 3,8 % pour les ECVM. L'index intégrant les ECMI a été associé à une augmentation du risque d'hospitalisations (HR 7,21; p
Sur le plan des stratégies thérapeutiques, l'association rivaroxaban 5 mg/j en deux prise par jour + aspirine versus aspirine en monothérapie a diminué significativement l'incidence : (1) des ECMI de 43 % (p=0,01) ; (2) des amputations de 58 % (p=0,01) ; (3) des interventions de chirurgie vasculaire périphérique tous types confondus de 24 % (p=0,02).

En bref, chez les patients atteints d'une AOMI, la survenue d'un ECMI est d'un pronostic péjoratif, tant sur le plan vital que fonctionnel. La prévention secondaire devient alors primordiale et, à cet égard, l'association de faibles doses de rivaroxaban (5 mg en 2 prises quotidiennes) et d'aspirine s'avère prometteuse.