Abrocitinib dans la dermatite atopique : données de phase 3

  • Silverberg JI & al.
  • JAMA Dermatol
  • 3 juin 2020

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Messages principaux

  • Selon une étude de phase 3 randomisée contre placebo, un traitement par abrocitinib 200 mg et 100 mg durant 12 semaines offre une amélioration de la dermatite atopique modérée à sévère supérieure à celle apportée par un placebo, associée à une amélioration de la qualité de vie rapportée par les patients. Des données à plus long terme seraient utiles pour confirmer ces résultats et poursuivre les observations relatives à la sécurité de la molécule.

 

L’abrocitinib est un inhibiteur de JAK1 expérimental qui interagit avec plusieurs cytokines impliquées dans la physiopathologie de la dermatite atopique (IL-4, IL-13, IL-22…). Après les données concluantes obtenues chez des patients adultes atteints de forme modérée à sévère dans le cadre d’une étude de phase 2b, plusieurs études de phase 3 ont été initiées pour confirmer l’efficacité de la molécule chez des sujets de 12 ans ou plus. L’une d’elle (JADE MONO-2) vient de faire l’objet d’une publication dans le JAMA Dermatology .

Dans cette étude clinique randomisée internationale, conduite en groupes parallèles versus placebo, des patients de 12 ans ou plus (>40 kg) atteints de dermatite atopique modérée à sévère (score IGA≥3, score EASI≥16, surface corporelle touchée≥10 % ) ne répondant pas aux traitements conventionnels ont été recrutés et randomisés (2:2:1) entre l’abrocitinib 200 mg/j, 100 mg/j ou un placebo. Les patients étaient stratifiés selon l’âge et la sévérité de l’atteinte dans chaque groupe. Les deux critères principaux d’évaluation étaient l’observation d’une réponse IGA (disparition des lésions, ou amélioration du score IGA≥2 points depuis l’inclusion) et d’une réponse EASI-75 (amélioration ≥75% du score vs l’inclusion) à 12 semaines.

Principaux résultats

L’étude a inclus 391 patients (58,6 % d’hommes, 35,1 ans en moyenne, 67,8 % de formes modérées, 41,4 % ayant déjà reçu un traitement systémique) parmi lesquels le taux de patients ayant arrêté l’étude était plus élevé dans le groupe placebo (33,3 % vs 9 à 13,3 % dans les deux autres groupes).

À 12 semaines, la proportion de patients présentant une bonne réponse (disparition des lésions, ou amélioration du score IGA≥2 points depuis l’inclusion) était de 38,1 % et 28,4 % dans les groupes 200 et 100 mg d’abrocitinib contre 9,1 % dans le groupe placebo (p % vs l’inclusion) était observée chez 61,0 % et 44,5 % des groupes abrocitinib 200 mg et 100 mg contre 10,4 % dans le groupe placebo (p % d’amélioration du score EASI…) ont aussi été vérifiés.

La qualité de vie rapportée par les patients (DLQI) et l’évaluation des lésions faite par les patients ( Patient-Oriented Eczema measure ) étaient significativement améliorées dans les groupes abrocitinib versus le groupe contrôle dès la 2 e semaine de traitement.

Sur le plan de la sécurité, le taux de patients présentant des évènements indésirables était de 65,8 % et 62,7 % dans les groupes abrocitinib 200 et 100 mg, contre 53,8 % sous placebo. Les évènements les plus souvent rapportés étaient les nausées et la rhinopharyngite. Les évènements graves ont concerné 2 et 5 patients des groupes abrocitinib 200 et 100 mg, ainsi qu’un patient dans le groupe placebo, dont seuls 2 ont été considérés comme liés au traitement dans le groupe 100 mg (herpangine et pneumonie). Le taux de plaquettes était diminué dans les groupes abrocitinib mais est resté dans les valeurs normales hormis pour 2 patients.

Les principales limitations de cette étude étaient la durée de suivi et le faible nombre de sujets adolescents et non caucasiens ayant participé à l’étude.

JADE MONO-2 a été sponsorisée par Pfizer Inc.