Abaisser l’antibiothérapie de la pneumonie communautaire aiguë : réaliste ?

  • Bielicki JA & al.
  • JAMA

  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Messages principaux

  • L’étude randomisée britannique CAP-IT suggère que le recours à un schéma posologique inférieur à celui habituellement prescrit (70-90 mg/kg/j pendant 7 jours) peut être réduit dans la plupart des cas, sans sur-risque de voir les enfants nécessiter une nouvelle antibiothérapie dans les 28 jours suivant l’inclusion.

  • Cependant, la sévérité de l’atteinte respiratoire, ou certains critères propres à la prise en charge de l’enfant peuvent moduler les résultats et méritent une attention particulière.

 

Chez les jeunes enfants, l’origine bactérienne d’une pneumonie aiguëe communautaire n’est retrouvée que dans un tiers des cas environ, sans que l’on dispose pour l’heure de facteurs permettant d’orienter vers une telle étiologie. Les durées et posologies d’antibiothérapie mises en œuvre dans les pays à revenu faible ou moyen contre cette pathologie sont inférieures à celles mises en œuvre dans les pays occidentaux. Aussi, une équipe britannique a conduit une étude clinique randomisée visant à comparer l’évolution des enfants diagnostiqués en milieu hospitalier et traités par amoxicilline selon des schémas de prescription différents.

Méthodologie

L’étude multicentrique randomisée 2x2 CAP-IT a été menée auprès de 28 établissements hospitaliers britanniques ou irlandais entre 2017 et 2019. Les enfants de plus de 6 mois et diagnostiqués pour une pneumonie communautaire aiguë ont été randomisés 1:1 pour recevoir une dose faible (35-50 mg/kg/j) ou forte (70-90 mg/kg/j) d’amoxicilline pendant 3 jours ou 7 jours. Le critère principal de non-infériorité était la nécessité de recevoir un nouvel antibiotique dans les 28 jours suivant le début du traitement.

Principaux résultats

Au total, entre 199 et 208 patients ont été inclus dans chacun des 4 bras de l’étude. L’âge médian était compris entre 2,3 et 2,8 ans et le pourcentage de garçons était compris entre 50 et 53% selon les groupes.

Lorsque les enfants étaient inclus, ils étaient 54% à être fébriles et 65% à présenter une tachypnée. Parmi eux, près des trois quarts étaient issus d’un service d’urgence. Le suivi à 28 jours était disponible pour 59% de la cohorte.

Le critère principal était retrouvé pour 12,4% à 12,6% des enfants selon le groupe d’inclusion, soit une différence minime entre faible et forte dose ou entre courte et longue durée, satisfaisant les critères de non-infériorité.

Les critères de non-infériorité étaient également vérifiés chez les enfants qui présentaient une pneumonie aiguë sévère, qu’ils aient reçu un traitement durant 3 ou 7 jours ( 16,0% vs 14,8%). La non-infériorité n’était pas vérifiée, mais le test d’interaction était non significatif entre les groupes sous faible ou sous forte dose (17,3% et 13,5%). D’autres analyses de sensibilité prévues dans cette étude vérifiaient la non-infériorité (enfants ayant été hospitalisés ou non, observance supérieure à 80%…). Certains symptômes (durée de la toux, troubles du sommeil...) étaient toutefois plus élevés lorsque le traitement était plus court. De plus, la non-infériorité était plus largement vérifiée pour les enfants qui avaient reçu le traitement lors du passage aux urgences.