AAN : Majiruana, canabidiol en neurologie

  • Dr Christian Geny

  • JIM Actualités des congrès
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Le cannabis médical est une problématique qui fait couler beaucoup d'encre, notamment en France. Nous sommes souvent interpellés par nos patients sur ce sujet et nous manquons de données pour répondre précisément. Leur interrogation est légitime car les Neurosciences ont montré que ces dérivés agissaient sur des cibles cérébrales spécifiques suggérant des potentialités thérapeutiques. Il existe deux types de récepteurs au cannabis dans le cerveau : les récepteurs CB1 dans l'hippocampe, le cortex, les ganglions de la base et le cervelet, et les récepteurs CB2 plutôt dans la substance noire et la microglie. À Philadelphie, plus d'une dizaine de communications ont porté sur ce thème. En effet, le cannabis médical est très largement utilisé aux États-Unis puisqu'on estime que 2,1 millions d'Américains en consomment. Cette pratique varie beaucoup selon les États en fonction de la législation. Les communications ont porté sur l'intérêt du cannabis dans la sclérose en plaques, la maladie de Parkinson, l'épilepsie de l'enfant, les douleurs chroniques, la migraine chronique et la névralgie trigéminale.

En particulier, une étude rétrospective originale a porté sur 205 patients enrôlés dans un programme spécifique, le New York State's Medical Marijuana Program. L'âge moyen des patients était de 80 ans. Les patients prenaient du tétrahydrocannabinol ou du cannabidiol depuis au moins 4 mois et avaient des visites médicales régulières. Le cannabis était absorbé par voie orale sous forme de capsules d'extrait liquide ou via une cigarette électronique. L'étude rétrospective a montré que 69 % des patients étaient satisfaits. Trois symptômes étaient sensiblement améliorés : la douleur, le sommeil et l'angoisse. Les effets indésirables ont été décrits chez un tiers des patients au début de la consommation et ont diminué après ajustement des doses : somnolence, troubles de l'équilibre, troubles digestifs.

Une autre enquête a été faite chez les patients parkinsoniens du centre de Cleveland. 163 patients ont accepté de répondre au questionnaire. Chez les 140 patients qui ont dit « ne pas avoir utilisé le cannabis pour la maladie de Parkinson », 66,4 % d'entre eux étaient potentiellement intéressés. Le tremblement s'est amélioré chez 54,5 % des utilisateurs, la bradykinésie chez 36,4 %, la dépression chez 27,3 %, l'anxiété chez 27,3 %, le sommeil chez 54,5 %, la douleur chez 36,4 % et la dyskinésie chez 25,3 %. Cinquante pour cent des fumeurs de cannabis ont rapporté une amélioration surtout dans le tremblement et 66,7 % dans le sommeil uniquement. Par ailleurs, 7,7 % des patients ont décrit des hallucinations et 15, 4 % de troubles de mémoire et de la toux.

Finalement, dans cette étude, deux tiers des patients étaient intéressés par l'éventualité d'un traitement par cannabis. Les utilisateurs de l'huile de cannabis ont rapporté un bénéfice essentiellement sur les symptômes négatifs comme la bradykinésie et la marche tandis que les fumeurs ont rapporté une amélioration sur le tremblement et les symptômes non moteurs. Toutes ces données pourraient encourager les études contrôlées dans des situations où la prise en charge est actuellement peu satisfaisante.