AAN : Le transfert adoptif* de cellules : un réel espoir dans la leucoencéphalopathie multifocale progressive ?

  • Dr Christian Geny

  • JIM Actualités des congrès
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La leucoencéphalopathie multifocale progressive (LEMP) est une maladie infectieuse du système nerveux central rarissime jusqu'aux années SIDA où l'incidence a brutalement augmenté. Heureusement, la maîtrise de l'immunodépression par les trithérapies a permis de diminuer la fréquence de cette affection redoutable. Depuis une décennie, elle est réapparue sur le devant de l'actualité médicale à la suite de la description de nombreux cas chez des patients avec des maladies inflammatoires ayant bénéficié d'immunothérapies ciblées. Cette complication avait eu un impact significatif sur l'optimisme suscité par ces thérapeutiques, notamment dans la sclérose en plaques avec le natalizumab. Pour rappel, la physiopathologie de cette affection est relativement bien connue. Elle est liée à la réactivation d'un virus de la famille des papillomavirus, le virus JC, qui résiste aux antiviraux actuels. Un pas important dans la lutte contre ce virus vient d'être fait avec la communication au congrès de Philadelphie d'une étude pilote avec une nouvelle approche thérapeutique.

Cette technique consiste à stimuler les lymphocytes T de donneurs en utilisant une librairie de peptides BK large T (LT) et de protéine virale (VP1) ayant une immunoréactivité croisée avec le virus JC. Ces lymphocytes T étaient réadministrés par perfusion aux patients immunodéprimés avec des doses de 100 000 cellules/kg, puis 28 jours après, avec une dose de 2 000 000 cellules/kg. Dans cette étude, les observations de 12 sujets ayant reçu au moins une infusion ont été rapportées. Au total, aucun patient n'a présenté de réactions immunologiques type IRIS que l'on peut habituellement observées en cas de restauration immunitaire trop rapide et 5 de ces patients sont finalement décédés des suites de la LEMP, mais 7 entre eux ont été stabilisés, voire améliorés.

Cette étude représente donc un espoir important pour les patients et témoigne de la pertinence d'une approche anti-infectieuse ciblée. Cette avancée n'est pas passée inaperçue puisque cette communication a été considéré comme un Top science topic de l'AAN et a fait l'objet d'une présentation plénière.
* La thérapie cellulaire par transfert adoptif consiste en l'utilisation thérapeutique de lymphocytes T propres du patient.