AACR 2020 – Un vaccin personnalisé contre le cancer démontre une activité clinique chez des patients atteints de tumeurs solides avancées


  • Ben Gallarda
  • Univadis
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À retenir

  • Un traitement avec le vaccin personnalisé contre le cancer RO7198457, associé à l’inhibiteur du ligand 1 de mort programmée (Programmed Death-Ligand 1, PD-L1) atézolizumab, a démontré un bénéfice clinique chez des patients présentant des tumeurs malignes solides avancées, dans le cadre d’un essai de phase IB.
  • RO7198457, administré en monothérapie chez 31 patients, présentait un profil de sécurité d’emploi gérable.

Pourquoi est-ce important ?

  • Les néoantigènes résultant de mutations somatiques sont des cibles attractives pour l’immunothérapie anticancéreuse.
  • RO7198457, un vaccin anticancéreux à ARN messager (ARNm), a été conçu pour stimuler les réponses des lymphocytes T contre les néoantigènes. Il est fabriqué de manière personnalisée pour chaque patient après la sélection d’un maximum de 20 néoantigènes.
  • L’ARNm stimule le système immunitaire inné et code les néoantigènes, qui sont exprimés, traités et affichés sur les cellules présentatrices d’antigènes, dans le but de stimuler une réponse immunitaire antitumorale.

Méthodologie

  • Une étude de phase IB portant sur RO7198457, en association avec l’anticorps anti-PD-L1 atézolizumab, a été menée pour la première fois chez l’homme auprès de 144 patients atteints de tumeurs solides localement avancées ou métastatiques.
  • 9 doses de RO7198457 ont été administrées par voie intraveineuse à intervalles hebdomadaires et bihebdomadaires au cours de la phase d’induction de 12 semaines, puis toutes les 24 semaines au cours de la phase d’entretien.
  • Une dose de 1 200 mg d’atézolizumab a été administrée au jour 1 de chaque cycle.
  • Près de 40 % des patients avaient préalablement reçu une immunothérapie. La majorité des patients présentaient un faible niveau d’expression de PD-L1, à la fois au niveau de la tumeur et des cellules immunitaires.
  • Financement : Genentech et BioNTech.

Principaux résultats

  • Sur les 108 patients ayant fait l’objet d’au moins 1 évaluation tumorale, 9 ont obtenu une réponse, ce qui représentait un taux de réponse globale de 8 %.
  • 1 patient atteint d’un cancer colorectal a présenté une réponse complète, et 53 patients, soit 49 % des patients évaluables, ont présenté une maladie stable.
  • Des réponses des lymphocytes T spécifiques aux néoantigènes ont été induites par le vaccin chez 77 % des patients.
  • La majorité des événements indésirables étaient de grade 1 ou 2. Bien qu’aucune toxicité limitant la dose n’ait été observée, sept patients ont arrêté le traitement en raison d’événements indésirables liés aux médicaments de l’étude.

Limites

  • Petit échantillon.

Commentaire d’expert

Juanita Lopez, de l’Unité administrative du Service national de santé (National Health Service [NHS] Foundation Trust) The Royal Marsden et de l’Institut pour la recherche sur le cancer (Institute of Cancer Research), à Londres, a présenté ces résultats et déclaré : « Dans le cadre de cet essai, nous avons démontré que nous pouvions générer des réponses immunitaires spécifiques à la tumeur chez la majorité des patients évaluables, en utilisant une approche personnalisée du vaccin anticancéreux, en association avec le blocage de point de contrôle immunitaire. Même si le taux de réponse clinique était faible dans l’ensemble, cela est probablement dû au fait qu’un grand nombre des patients traités dans le cadre notre étude présentaient une maladie très avancée et étaient lourdement prétraités. »