AACI : Les AINS ne sont pas efficaces dans la prévention de la maladie d’Alzheimer

  • Dr Emmanuel Zinski

  • JIM Actualités des congrès
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On sait que l'apparition de la maladie d'Alzheimer est corrélée à la présence d'une inflammation chronique. Et de nombreuses études ont montré une relation inverse entre l'utilisation d'anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et le risque de survenue d'une maladie d'Alzheimer. Cet effet était alors attribué à leurs propriétés anti-inflammatoires censées réduire la réaction immunitaire inflammatoire cérébrale associée à la maladie d'Alzheimer. Mais, il n'a jamais été démontré que les AINS franchissait la barrière hémato-encéphalique ou qu'ils agissaient sur le système immunitaire. Par ailleurs, plusieurs études cliniques n'ont pas confirmé ces données épidémiologiques et certaines ont même trouvé un effet délétère des AINS. D'où l'intérêt de cette étude longitudinale randomisée, en double aveugle contre placebo, INTREPAD, d'une durée de deux ans, dans laquelle ont été mesurées les concentrations d'AINS (naproxène à la dose de 220 mg deux fois par jour) dans le liquide céphalorachidien (LCR) et les concentrations de différents biomarqueurs de la maladie d'Alzheimer.

Cent-soixante personnes âgées asymptomatiques ayant des antécédents familiaux de maladie d'Alzheimer ont été incluses. Parmi elles, 124 ont terminé l'étude et 78 ont eu une ou plusieurs ponctions lombaires. Les résultats montrent que les concentrations de naproxène dans le LCR sont 100 fois plus faibles que les concentrations plasmatiques. Par ailleurs, la présence de naproxène dans le LCR a un effet négligeable sur la concentration des biomarqueurs immuns. Enfin, il a été observé une nette augmentation de la concentration d'apoE dans le LCR qui est apparue proportionnelle à la concentration de naproxène dans le LCR. Pour les auteurs, ces résultats décevants peuvent être dus soit à la faible concentration d'AINS dans le LCR soit à leur absence d'impact sur le système immunitaire. Les effets des AINS sont ainsi à reconsidérer chez les patients à risque de développer la maladie. Cette étude ferme la porte à la piste des AINS dans la maladie d'Alzheimer.