A-t-on plus de risque de faire un infarctus en fonction du temps qu’il fait ?


  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Une large étude nationale suédoise menée sur 16 années, suggère qu’une faible température extérieure, une faible pression atmosphérique, un vent fort et un faible niveau d’ensoleillement seraient associés à un plus fort risque d’infarctus du myocarde. L’association avec la température serait cependant plus forte que celle existant avec les autres déterminants météorologiques, et serait maximale pour les températures inférieures à 0°C. Selon les auteurs, la vasoconstriction coronarienne déclenchée par les faibles températures serait le plus probable des mécanismes impliqués. Par ailleurs, certaines comorbidités (infections respiratoires, grippe), connues pour être des facteurs de risques, ont pu contribuer à l’augmentation du risque d’IDM pour les températures inférieures à zéro.

Pourquoi cette étude est intéressante ?

Cette étude a été menée afin de mieux identifier l’impact des variations climatiques sur la survenue de l’infarctus du myocarde dans le but d’apporter quelques informations sur ce sujet sur les recommandations. Les données disponibles jusqu'à présent sur l’association entre le temps et la survenue d’un IDM étant faibles, ces nouvelles données sont intéressantes et présentent l’intérêt de porter sur une large population et sur une longue période.

Méthodologie

Étude prospective populationnelle suédoise ayant croisé les données de l’institut météorologique et hydrologique suédois et celles du registre national de soins coronariens concernant l’infarctus du myocarde. Les analyses ont été réalisées chez l’ensemble des patients souffrant d’infarctus du myocarde (IDM), chez ceux présentant un sus-décalage du segment ST (STEMI) ou non (NSTEMI).

Principaux résultats

Sur 280.873 patients, 92.044 ont reçu le diagnostic de STEMI. Les données météorologiques locales étant disponibles pour 274.029 patients (97,6%), les analyses ont donc porté sur cette population. Les sujets NSTEMI avaient des taux d’insuffisance rénale, de diabète, d’hypertension, de maladie coronarienne, d’IDM, d’antécédents d’intervention coronarienne percutanée, de pontage coronarien, d’insuffisance cardiaque chronique, d’AVC et de traitement pour une maladie cardiovasculaire plus importants, que les patients STEMI.

L’incidence de l’IDM augmentait lorsque la température de l’air et la pression atmosphérique étaient les plus faibles (notamment moins de zéro pour la température), lorsque le vent était le plus fort et l’ensoleillement le plus faible. Le risque diminuait lorsque les températures dépassaient les 3-4°C. Ces résultats bien que significatifs (réduction de 2,8% du risque d’IDM pour toute augmentation de 7,4°C) restent cependant modestes (ratio d’incidence non ajusté 0,972 [0,967-0,977], p

Principales limitations

Ces données sont issues d’une étude menée en Suède où les conditions météorologiques sont différentes de celles de la France. Et bien que ces résultats soient statistiquement significatifs, l’effet estimé reste modeste.