À apport énergétique constant, quels sont les bénéfices d’une réduction de la part alimentaire des lipides ?

  • Hooper L & al.
  • Cochrane Database Syst Rev
  • 1 juin 2020

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Messages principaux

  • Une revue et méta-analyse récente montre qu’une consommation relative faible en graisses permet d’apporter quelques bénéfices modestes mais significatifs en termes de poids, d’indice de masse corporelle (IMC), de tour de taille ou d’adiposité par rapport à une proportion plus élevée de graisses (inférieur ou supérieur à 30%), dans un contexte d’apport énergétique total constant, sans objectif d’amaigrissement.

 

L’influence de la proportion des graisses constituant l’alimentation sur le poids corporel ou l’IMC a été largement étudiée, mais préférentiellement en tant que marqueur intermédiaire de risque cardiovasculaire, ou dans une optique d’amaigrissement. L’influence du taux de lipides dans l’apport énergétique total sur la composition corporelle sans objectif de perte de poids a moins souvent fait l’objet de travaux et est moins clairement établie. Cette information reste utile pour affiner les recommandations nutritionnelles, notamment celles de l’OMS à destination des pays en développement dans lesquels les taux d’obésité progressent.

Ainsi, une revue et méta-analyse Cochrane a recensé et compilé les études publiées qui ont été menées auprès de sujets de plus de 18 ans et chez lesquels l’influence d’une part de l’alimentation faible ou forte en graisses (

Evolution favorable des marqueurs corporels et biologiques

Ainsi, le fait d’avoir un régime plus pauvre en graisses entraînait une légère diminution du poids corporel (ou une prise de poids plus faible) la différence étant de -1,4 kg en moyenne [-1,7 à -1,1] (I 2 =75%, n=53.875, 33 études, haut niveau de preuve).

La taille de l'effet sur le poids ne changeait pas avec le temps que ce soit en termes de réduction de l'IMC (-0,5 kg/m² [-0,6 à -0,3], n=46.539, 14 essais, I 2 =21%), de tour de taille (-0,5 cm [-0,7 à -0,2, n=16.620, 3 essais, I 2 =21%), ou d’adiposité (-0,3% de graisse corporelle, [-0,6 à 0], p= 0,05, n=2.350, 2 essais, I 2 =0%). Les analyses de sensibilité ont conduit à des conclusions comparables, qu’elles soient par exemple limitées aux études à faible risque de biais, à celles ayant inclus de larges effectifs ou à celles dont le suivi était le plus long.

En termes de marqueurs biologiques, ce régime s'est également traduit par une baisse du LDL-cholestérol (-0,13 mmol/L), du cholestérol total (-0,23 mmol/L) et des triglycérides (0,01 mmol/L). Par ailleurs, les pressions artérielles systolique et diastolique étaient toutes deux légèrement améliorées (-0,75 mmHg et -0,52 mmHg respectivement), les données étant associées à un fort niveau de preuve.