20.000 séniors pour évaluer le bénéfice de la vitamine D sur l’espérance de vie…

  • Neale RE & al.
  • Lancet Diabetes Endocrinol

  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir

21.315 exactement ! C’est le nombre de séniors qui ont participé au D-Health Trial, la plus large étude jamais réalisée pour évaluer l’impact d’une supplémentation en vitamine D (60.000UI/mois durant 5 ans) sur la mortalité toute cause. 

  • Aucun bénéfice sur la mortalité toute cause n’a été mis en évidence.
  • En analyses exploratoires excluant les deux premières années, une augmentation de la mortalité par cancer a été observée chez ceux qui avaient été supplémentés.

Ces données suggèrent qu’une supplémentation en vitamine D n’est pas justifiée en population générale et invitent à pondérer les bénéfices de la vitamine D sur la réduction de la mortalité par cancer observée dans d’autres études.

 

Méthodologie

Cet essai contrôlé versus placebo et mené en double aveugle a inclus des sujets australiens de 60 ans et plus. Ils ont été randomisés pour recevoir une supplémentation de vitamine D (60.000 UI/mois) par voie orale, ou un placebo, une fois par mois durant 5 ans.

 

Principaux résultats

Entre le 14 février 2014 et le 17 juin 2015, 21.315 sujets ont été randomisés (1:1) entre un groupe traité par vitamine D et un autre sous placebo.

Sur les 4.441 échantillons de sang collectés, 3.943 l’ont été durant la période de suivi médiane de 5,7 ans. L’observance au traitement était très bonne (>80%). La concentration moyenne en vitamine D durant le suivi était de 77 nmol/L dans le groupe placebo et 115 nmol/L dans le groupe supplémenté.

Durant la période médiane de suivi, 1.100 décès ont été enregistrés (5,1% dans le groupe placebo et 5,3% dans le groupe supplémenté en vitamine D).

Aucune différence significative n’a été mise en évidence entre les deux groupes, ni sur le critère principal d’évaluation, à savoir la mortalité toute cause confondue (HR 1,04 [0,93-1,18], p=0,47), ni sur la mortalité cardiovasculaire. Une tendance (non significative) à l’augmentation de la mortalité par cancer a été observée dans le groupe des individus supplémentés. En analyses exploratoires, excluant les deux premières années, le risque de mortalité par cancer était numériquement plus élevé chez ceux supplémentés en vitamine D (HR 1,24 [1,01-1,54], p=0,05).

De même aucune différence significative n’a été mise en évidence sur les mortalités spécifiques.