500.000 petits et gros dormeurs aident à établir la relation entre sommeil et syndrome métabolique

  • Xie J & al.
  • Sleep Med Rev

  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir

Une méta-analyse a fait le choix de distinguer les données provenant des études transversales et longitudinales pour mieux identifier l’association entre durée de sommeil et risque de syndrome métabolique. Les résultats indiquent qu’il existerait bien une relation en « U » entre la durée du sommeil et le risque de syndrome métabolique dans les études transversales. En revanche, cette relation n’est pas retrouvée dans les études longitudinales laissant supposer qu’un facteur confondant non identifié pourrait intervenir. Une durée de sommeil <6h ou >9h serait particulièrement délétère. D’autres études sont cependant encore nécessaires pour comprendre les mécanismes physiopathologiques sous-jacents et pour mettre en évidence si une durée de sommeil normale peut réduire le risque de syndrome métabolique au sein de la population générale.

Pourquoi ces résultats sont-ils importants ?

De récentes études ont déjà démontré une relation en U entre la durée de sommeil et la survenue de pathologies comme l’hypertension, le diabète, les maladies cardiovasculaires et coronariennes, l’obésité et la mortalité toutes causes. Pour autant les études s’étant intéressées à l’association entre durée de sommeil et syndrome métabolique amènent à des conclusions contradictoires, potentiellement du fait de l’intégration de données issues d’études transversales et longitudinales. D’où l’intérêt de la méta-analyse présentée ici qui fait bien la distinction entre ces deux types d’études.

Méthodologie

Une analyse de la littérature a été réalisée pour identifier les études publiées jusqu’en janvier 2019 ayant évalué la durée de sommeil et le syndrome métabolique chez les adultes. 

Résultats

Sur les 1.227 articles et abstracts identifiés, 36 études transversales et 9 études longitudinales ont été retenues pour les analyses, soit un total de 164.799 sujets ayant un syndrome métabolique et 430.895 cas contrôles. Les analyses montrent que par rapport à une durée normale de sommeil, un sommeil de courte durée augmenterait significativement l’incidence du syndrome métabolique de 11% dans les études transversales et de 28% dans les études longitudinales (durée moyenne de suivi 3,2 ans). Aucun biais de publication n’a été observé, et les analyses limitées aux études ayant la plus haute qualité méthodologique confirmaient cette tendance.

En analyse de sous-groupes, il a été démontré qu’une courte durée de sommeil était significativement associée à une augmentation de 17% de la prévalence et de 33% de l’incidence du syndrome métabolique chez les sujets jeunes (moins de 60 ans) par rapport aux plus âgés.

Une longue durée de sommeil augmenterait significativement le risque de prévalence de syndrome métabolique de 14% (dans les études transversales) mais pas son incidence (dans les études longitudinales). Aucun biais de publication n’a été mis en évidence et les mêmes tendances ont été observées lorsque les analyses ne tenaient compte que des études de haute qualité méthodologique. Les évaluations en sous-groupes ont mis en évidence un risque accru de syndrome métabolique chez les sujets gros dormeurs de plus de 60 ans et chez les hommes.

Ainsi, il y aurait bien une relation en U entre la durée du sommeil et le risque de syndrome métabolique dans les études transversales. Par rapport à une durée normale de sommeil de 7-8 heures, le risque de syndrome métabolique serait augmenté de 36% lorsque la durée de sommeil est <5 heures, de 9% si elle est <6 heures, puis de 11% pour une durée >9 heures et de 31% au-delà de 10 heures de sommeil.

Des analyses sur les facteurs confondants n’ont pas permis d’expliquer l’hétérogénéité des résultats entre les études transversales et longitudinales.

Limitations

Données auto-déclarées par les participants.