34 facteurs de risque de MICI passés au crible. Quels résultats ?

  • Agrawal M & al.
  • EClinicalMedicine

  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir

De nombreuses données suggèrent que l’augmentation rapide des maladies médiées par l’immunité telles que les maladies inflammatoires chroniques des intestins (MICI) dans les pays développés serait en lien avec des facteurs environnementaux. L’altération du microbiote intestinal pourrait avoir un impact délétère sur la maturation immunitaire. Une méta-analyse réalisée par une équipe internationale et à laquelle le département de gastroentérologie de Lille a participé, vient de synthétiser les données les plus robustes sur le sujet. Les chercheurs ont mis en évidence que l’exposition in utero au tabagisme et aux antibiotiques, ainsi que le développement d’otites durant la petite enfance étaient associés à une augmentation du risque de développer une MICI. En revanche, l’allaitement serait un facteur protecteur.

Méthodologie

Les données de cette méta-analyse proviennent d’études de cohortes et d’études cas-témoins ayant évalué l’association entre certains facteurs environnementaux présents tôt dans la vie et le développement de MICI. Ces facteurs comprenaient des paramètres pré- péri- et post-nataux.

Principaux résultats

Les résultats de cette étude ont mis en évidence plusieurs facteurs de risque de développement d’une MICI chez l’enfant, notamment :

  • la survenue d’otite avant 5 ans (OR 2,11 [1,22-3,62, I2 36,9%),
  • l’exposition prénatale aux antibiotiques (2 études de haute qualité, OR 1,75 [1,22-2,51], I2 0); l’une des études a montré une très forte augmentation particulièrement au 3ème trimestre (Hazard ratio ajusté 2,57 [1,10-6,01]) ;
  • l’exposition au tabac in utero avec une forte hétérogénéité cependant (9 études, Odds ratio (OR) 1,49 [1,17-1,90], I2 72,04%) ;
  • une tendance à l’augmentation du risque de MICI a également été retrouvée pour l’exposition aux antibiotiques durant la petite enfance (OR 1,7 [0,97-2,9]), mais sans significativité statistique.

L’allaitement en particulier sur une longue période s’est révélé être un facteur protecteur.

Aucune autre association n’a été mise en évidence avec les autres facteurs de risque évalués, notamment l’âge de la mère à la grossesse, l’infection maternelle durant la grossesse, l’exposition aux polluants durant toute la grossesse, le type d’accouchement, le faible poids à la naissance, la naissance prématurée, le mois de naissance, l’hygiène et les facteurs sociaux, la vie en milieu rural ou urbain, les facteurs socio-économiques, l’immigration,… Les données sur certains de ces facteurs de risque étaient cependant limitées et hétérogènes. D’autres études prospectives sont nécessaires pour apporter quelques éclaircissements.