21% de risque en plus d’AVC/AIT/IDM sous substituts de la testostérone


  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Une étude publiée dans The American Journal of Medicine montre que chez une population d’hommes âgés de 45 ans et plus, sans hypogonadisme et sans maladie testiculaire, l’exposition à une thérapie substitutive de la testostérone serait associée à une augmentation du risque composite d’accident vasculaire cérébral (AVC) ischémique/d’accident ischémique transitoire (AIT)/d’infarctus du myocarde (IDM). Cette association serait plus importante entre six mois et deux ans de traitement, ainsi que chez les sujets d’âge moyen. En revanche, selon ces résultats le fait d’être sous traitement substitutif de la testostérone serait associé à une diminution de la mortalité, mais le fait de l’arrêter l’augmenterait. 

Pourquoi cette étude est intéressante ?

Le traitement substitutif de la testostérone est normalement prescrit chez les hommes présentant un déficit en testostérone ou un hypogonadisme. Mais, ce traitement serait plus largement utilisé pour fatigue ou déclin de la fonction sexuelle, comme en atteste la multiplication par trois des prescriptions de ces traitements entre 2001 et 2011 aux États-Unis et l’augmentation de 90% observée au Royaume Uni entre 2001 et 2010, et ce malgré la stabilité de la prévalence de l’hypogonadisme. Parallèlement à cet usage, des données contradictoires sont apparues concernant la sécurité cardiovasculaire de ces traitements. Or, les essais cliniques disponibles portent sur un nombre trop limité de patients et sont de durée trop courte pour être satisfaisant et les données issues des études observationnelles non homogènes. D’où l’intérêt de cette étude.

Méthodologie

Cette étude de cohorte populationnelle a évalué des hommes âgés de 45 ans et plus ayant de faibles taux de testostérone, sans hypogonadisme ou maladie testiculaire documentés. Les données étaient issues de la UK Clinical Practice Research Datalink (CPRD) et ont été collectées entre 1995 et 2017.

Principaux résultats

Au total, 15.401 hommes ont été inclus (âge moyen 60,4 ans). Un traitement substitutif de la testostérone a été prescrit au moins une fois durant le suivi moyen de l’étude (4,7 ans) à 29,1% des sujets inclus. Ce traitement était majoritairement prescrit sous forme de gel/crème (56,8%) ou d'injections (33,6%).

  • L’incidence des AVC ischémiques/AIT/IDM était de 1,19/100 personnes-années [1,11-1,27]. Le risque était augmenté de 21% chez les hommes qui utilisaient ce traitement par rapport à ceux qui ne l’utilisaient pas (hazard ratio (HR) 1,21 [1,00-1,46]).
  • Le risque était plus élevé entre 6 mois et deux ans de traitement continu (HR 1,35 [1,01-1,79]) et diminuait ensuite. Il était également plus élevé chez les hommes de 45 à 59 ans (HR 1,44 [1,07-1,92]). 
  • En revanche, aucune différence significative de risque n’a été mise en évidence en fonction de la formulation utilisée.
  • Par rapport aux non utilisateurs, le risque de mortalité toutes causes confondues était à l’inverse diminué chez les sujets sous traitement de substitution de la testostérone (HR 0,64 [0,52-0,78]) et augmenté chez ceux qui l’avaient arrêté (HR 1,72 [1,21-2,45]).

Principales limitations

L’adhésion des patients au traitement n’était pas considérée.