Pour atteindre 90 ans en bonne santé, il faut chercher du côté de l’épigénétique

  • Jain P & al.
  • JAMA Netw Open

  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Selon une étude menée à partir de l’analyse secondaire de 3 études ancillaire de la WHI (Women's Health Initiative), celles qui atteignent l’âge de 90 ans sans altération fonctionnelle ou cognitive ont un taux de méthylation épigénétique inférieur à celles qui ont ce type d’atteintes et, a fortiori, celles qui sont décédées avant l’âge de 90 ans.

  • Aussi, l'accélération du taux de méthylation semble constituer un biomarqueur du vieillissement et du pronostic des femmes. La même étude mériterait d’être menée dans la population masculine.

Pourquoi est-ce important ?

On estime que les personnes qui vieillissent longtemps en bonne santé ont un âge biologique inférieur à leur âge chronologique, sachant qu’à âge chronologique identique, les fonctions physiologiques et taux de vieillissement biologique sont très hétérogènes. L’épigénétique est un élément déterminant dans ce processus. Le taux de méthylation de l'ADN sur certains sites spécifiques (cytosine-guanine dinucléotide) permet d’évaluer l'âge chronologique. Aussi, une modification de ce taux de vieillissement épigénétique sous l’effet combiné de facteurs endogènes et exogènes pourrait être associée au fait que les personnes vieillissent plus vite ou plus lentement que leur âge chronologique. Cette étude a examiné l’association entre l’épigénétique et la survie à 90 ans en bonne santé, avec une mobilité et un fonctionnement cognitif non altérés.

Méthodologie

L’étude a été menée à partir d’une analyse secondaire des données relatives aux participantes de la Women's Health Initiative (WHI) pour lesquelles le niveau de méthylation de l'ADN a été mesuré au cours de l’une des trois études ancillaires préalables. Une comparaison du pronostic vital et fonctionnel a été conduite en fonction du taux de méthylation épigénétique.

Principaux résultats

L’analyse a pu être menée pour 1.813 femmes dont 464 étaient vivantes à 90 ans avec une mobilité et un fonctionnement cognitif intacts, 420 l’étaient mais avec une mobilité et/ou un fonctionnement cognitif altérés, et 929 étaient décédées avant l’âge de 90 ans. La durée médiane de suivi disponible depuis l’inclusion était de 21 ans pour les femmes ayant survécu jusqu'à 90 ans, contre 13,2 ans pour les femmes n’ayant pas survécu.

Celles qui appartenaient au premier groupe avaient un meilleur état de santé lors de l’analyse du taux de méthylation durant l’étude ancillaire : elles étaient par exemple 30,8% à ne pas avoir l’une des principales maladies chroniques recherchées, contre 24,0% et 21,7% respectivement. Elles étaient aussi plus souvent diplômées, sans antécédents de tabagisme, avec un IMC normal ou en surpoids, consommatrices modérées de boissons alcoolisées (entre 1 et 7 par semaine) et pratiquaient plus régulièrement la marche à pied que les autres.

Pour chaque déviation standard supplémentaire du taux de méthylation, la probabilité de survivre jusqu'à l'âge de 90 ans sans atteinte cognitive ou fonctionnelle diminuait, avec un odds ratio OR compris entre 0,60 et 0,82 selon le type d’horloge épigénétique utilisée pour le calcul (Horvath pantissue, Hannum, Pheno ou Grim, tous les intervalles de confiance inférieurs à 1 et p significatifs).