19ème Colloque sur le Contrôle Epidémiologique des Maladies Infectieuses : Comment répondre au refus vaccinal ?

  • Dr Muriel Macé

  • JIM Actualités des congrès
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Le constat est le même dans la plupart des pays occidentaux : l'opposition aux vaccins est en progrès depuis 20 ans. Parmi les peurs vaccinales récentes, on peut citer : vaccin hépatite B et sclérose en plaque en France, vaccin rougeole et autisme en Grande-Bretagne, vaccin polio au Nigéria et au Pakistan... On assiste dans l'opinion publique à une certaine inversion de la balance bénéfice-risque : les maladies infectieuses sont oubliées, les effets secondaires des vaccins redoutés, suite à la médiatisation de cas individuels et à une information émotionnelle qui aboutissent à une perte de confiance vis-à-vis des vaccins et des experts. Il existe aussi une remise en question de la vaccination généralisée : contre la notion du bénéfice collectif se dresse une conception plus individualiste et libérale de la santé. Or, le refus vaccinal freine la couverture vaccinale. Ce qui permet le maintien de la circulation du virus ou de la bactérie : c'est le cas pour l'épidémie européenne de rougeole, maladie de l'enfant devenant aussi une maladie grave de l'adulte, ou pour l'extension de la polio au Nigeria.

Parmi les opinions répandues : « Les maladies ont disparu et il n'est donc plus utile de vacciner », e « Les maladies ont disparu avant les vaccins grâce aux progrès de l'hygiène », « Beaucoup de malades étaient pourtant vaccinés », « Il y a trop de vaccins et une surcharge immunitaire pour les nourrissons », « Il y a trop d'effets secondaires omis ou dissimulés », « On ignore les conséquences futures (cancer, maladies auto-immunes ?) ».

Pour communiquer avant de vacciner, il faut savoir expliquer ce qu'est un vaccin, les bénéfices attendus, décrire les maladies prévenues, donner des chiffres sur leur incidence avant et après vaccination, évoquer les effets indésirables, en distinguant les évènements intercurrents, des réactions secondaires.

Redonner une image positive de la vaccination implique de préférer aux débats une information pertinente et convaincante, adaptée aux exigences actuelles, et de relayer celle-ci par des organismes publique (INPES), plutôt que par l'industrie.