État des lieux de la formation de l’internat en oncologie après la 4e vague de la pandémie COVID-19

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À retenir

  • Encore trop d’internes ne peuvent avoir accès aux formations auxquelles ils ont droit durant leur stage, ce qui contribue à un sentiment de manquer de préparation pour leur exercice futur.
  • Plusieurs pistes ont été évoquées par les répondants à l’enquête pour rehausser l’attractivité de cet internat et respecter les textes de la réforme et ainsi les droits des internes.

Pourquoi est-ce intéressant ?

Les résultats d’une enquête transversale réalisée par l’AERIO (Association pour l’enseignement et la recherche des internes d’oncologie) et la SFJRO (Société française des jeunes radiothérapeutes oncologues) concernant la formation des internes en oncologie viennent d’être publiés. Ceux-ci font le point un an après une première enquête qui avait mis en évidence des problèmes éthiques chez 70,4% des étudiants en oncologie et souligné que 92,7% des internes avaient subi une diminution du volume global d’horaires de cours lors de la première vague de COVID-19. Cette nouvelle enquête a permis d’identifier des leviers potentiels d’attractivité de l’internat en oncologie afin qu’il ne se paupérise pas.

Méthodologie

Cette enquête transversale a été réalisée du 10 au 21 novembre 2021 sous forme d’un sondage en ligne auprès de tous les étudiant en DES d’oncologie quelle que soit leur option précoce (oncologie médicale ou radiothérapie).

Résultats

Sur l’ensemble des internes interrogés, 164 ont répondu à l’enquête (60,4% de femmes, âge moyen 27 ans, 5,7 semestres en moyenne, 64,0% en option oncologie médicale, 32,3% en oncologie radiothérapie et 3,7% d’indécis). Bien que les étudiants aient déclaré avoir accès à une belle diversité de lieu de stage (centres hospitaliers périphériques, centres hospitaliers universitaires, centres de lutte contre le cancer (CLCC),…), l’offre numéraire s’est révélée être plus importante pour un interne en oncologie médicale qu’en oncologie radiothérapie.

Si 85,4% des internes ont évoqué que des cours et des séances bibliographiques étaient organisés lors de leur stage, seulement 47,9% d’entre eux en bénéficiaient de manière hebdomadaire. Les CHU et les CLCC étaient les deux lieux principaux de dispensation d’enseignements durant le stage. Lorsqu’ils étaient délivrés, ces enseignements rencontraient un bon niveau de satisfaction de la part des internes (4,3/6). Au global, seuls 5,5% des internes en stage d’oncologie médicale, et 32,9% en stage d’oncologie radiothérapie accédaient à la demi-journée de formation universitaire selon la fréquence légalement établie. Et, 47,9% et 25,6% respectivement n’y avaient jamais accès.

Les données n’étaient pas plus encourageantes pour l’accès à la demi-journée de formation en autonomie : seuls 5,5% des internes en oncologie médicale et 26,2% de ceux en oncologie radiothérapie y avaient accès et 68,9% et 41,5% respectivement n’y avaient jamais accès.

Si 91,9% des internes en oncologie ont choisi ce cursus par « dynamisme scientifique » (91,9%), « richesse clinique » (82%), « approfondissement des connaissances » (78,9%), d’autres facteurs venaient ternir leur motivation d’attrait vis-à-vis de cette spécialité (lourdeur psychologique, charge administrative hospitalière, horaires de travail trop lourds, …).

Le respect des journées de formation constituait pour 88,4% des répondants un levier essentiel pour redonner de l’attractivité à l’internat en oncologie. D’autres leviers ont été évoqués, notamment un plus grand accès aux consultations (75%), une majoration de la formation théorique (74,4%), un plus grand accès aux congés (72,6%), le respect des 48h de travail hebdomadaire (50,6%).